Combien de jeux doit comporter une ludothèque idéale ?

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Martin

Martin Vidberg est dessinateur, cultivateur et interprète du blog l'Actu en patates dont la sélection du dimanche est à l'origine une rubrique.

Comme beaucoup de joueurs compulsifs, je commence à avoir un léger problème de taille de ludothèque. À l’approche des 700 jeux de société, j’ai envisagé sérieusement de ranger ma boîte métal de l’excellent Sandwich, édité par repos Prod, dans le frigo. C’est un signal, c’est certain, je dois faire quelque chose.

En faisant l’inventaire de tous mes jeux, il a bien fallu me rendre à l’évidence : tous ne sont pas indispensables. Il en est que je ne rejouerai probablement jamais et comme je ne pense pas être spécialement collectionneur, je ne vois pas d’intérêt à les conserver. En découle une question essentielle : combien de jeux doit comporter une ludothèque idéale ? (© Bruno Faidutti qui a longtemps proposé sa précieuse et regrettée “ludothèque idéale” sur son site Internet)

Pour répondre à cette question, j’ai eu recours à mon pouvoir secret : les statistiques à la con.


Je joue une fois par semaine en association. Lors de ces soirées, nous sortons à chaque fois 5 à 6 jeux de longueur variable. À cela s’ajoute les parties en famille, les vacances durant lesquelles je joue forcément un peu plus, une douzaine de weekend jeux et de festival durant lesquels je joue beaucoup plus. Au final, je compte entre 500 et 600 parties de jeux de société par an.

Bon, mais 500 parties, ce ne sont pas 500 jeux !

  • Là-dessus, il y a d’abord les nouveautés des derniers mois. D’un côté, celles que je ne joue qu’une fois, qui ne m’emballent pas et que je n’ai pas besoin de posséder : cela représente une bonne centaine de jeux par an. De l’autre, les indispensables que je vais m’empresser d’ajouter à ma ludothèque idéale (© Bruno Faidutti). Disons 40 à 80 jeux, car je suis bon public. Ceux-là, je vais les jouer en moyenne 5 fois. Parfois davantage pour les petits favoris. Tout cela représente donc grosso modo les 2 tiers des jeux joués cette année.

  • Ensuite, il y a les jeux plus anciens qui se partagent entre les grands classiques que l’on ressort souvent (10 jeux à tout casser pour une trentaine de parties) et les jeux que l’on a plaisir à redécouvrir une fois de temps en temps, mais que l’on ne rejouera pas forcément tous les ans. Ça représente donc un tiers des jeux joués chaque année.

C’est le moment de sortir la calculatrice (youpi !) :

Comptons donc dans une ludothèque idéale (© Bruno Faidutti)
– Les nouveautés : 50 à 100 jeux de moins de deux ans qui sortent encore régulièrement → 170 à 340 parties par an
– Les grands classiques : 10 à 20 jeux pour les plus boulimiques → 30 à 60 parties par an
– Le fond des jeux qu’on aime bien et qu’on l’on sort une fois de temps en temps, mais pas forcément tous les ans. → 50 à 100 parties par an

Sur ces derniers, on va dire que si on ne les sort pas au moins une fois tous les 5 ans, c’est qu’on s’est lassé d’un jeu et qu’il n’y a plus vraiment de raison pour le conserver. Sauf à être collectionneur mais je ne pense pas spécialement être collectionneur.
Multiplions donc ce nombre par 5 pour être large. Cela inclut aussi le temps qu’il faut à un jeu pour passer de “favori du moment” à “vieillerie encombrante”. Cela représente donc 250 à 500 jeux.

Bilan : pour un joueur qui peut partager 250 à 500 parties par an et qui souhaiterait acheter tous les jeux qu’il aime, une ludothèque idéale (© Bruno Faidutti) comporterait donc 300 à 600 jeux. Au delà, il faudrait jouer beaucoup plus pour que cela garde un sens… ou être collectionneur mais je ne pense pas spécialement être collectionneur.

En ce qui me concerne, ma ludothèque pas tout à fait idéale (© pas tout à fait Bruno Faidutti) comporte déjà plus de 700 jeux et ne correspond pas du tout au calcul théorique présenté ci-dessus (Elle comporte par exemple 163 jeux parus en 2012).
J’ai donc trop de jeux auxquels je ne jouerai plus, c’est mathématique !
Je devrais me séparer d’une centaine de jeux voire même un peu plus pour prévoir de la place pour le salon d’Essen, les fêtes de fin d’année, Cannes…

Ou alors, « on dirait que » je me considère provisoirement comme collectionneur et on n’en parle plus.
De toute façon, il reste de la place dans le frigo.