En vrac : Byzantio, Caverna, Hegemonic, BraveRats, Panique à Wall Street

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En vrac

« En vrac » c’est notre rubrique collective de discussions et « d'avis-minute » sur nos soirées jeux plus ou moins hebdomadaires.

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Byzantio

Un jeu de Alexander Boucharelis, Lefteris Iroglidis et Anestis Iroglidis illustré par Mateusz Bielski, Chrisi Giannopoulou, Lefteris Iroglidis et Maciej Mutwil et publié en multilingue par Ludicréations.

 L’avis de Jub : Byzantio est un jeu de contrôle de territoires. Au début de la partie, chacun va choisir secrètement les territoires qui lui rapporteront des points, puis les tours s’enchaînent où chacun joue une action. A la fin de la partie, on marque des points pour les territoires choisis qu’on contrôle effectivement (et certains territoires rapportent plus que d’autres car la liste de choix propose des points variables). Le moteur du jeu est ensuite très simple avec 6 types d’actions possibles et, au cours de la partie, quelques événements sympathiques pour mettre un peu d’animation (Catastrophe, Peste, etc…).

Chacun possède un nombre d’actions de chaque type limité et on ne pourra donc pas se contenter de faire des conquêtes toute la partie pour prendre de nouveaux territoires. Le jeu est sympathique avec la gestion du bluff pour trouver les territoires des autres et le timing des actions. Par contre, je trouve le côté aléatoire beaucoup trop présent : des jets de dés viennent déterminer où tombent les catastrophes et décident de l’issue de certaines actions. À noter que le verso du plateau « historique méditerranéen » comporte une version « Mordor by Jackson Pollock bourré » très moche mais que l’on doit à un Kickstarter efficace.

L’avis de J3ROM3 : Avec Byzantio, le premier réflexe à avoir c’est de ne pas se tromper de catégorie (un peu comme avec Quantum). Avec sa grande carte de l’empire romain d’orient, un dés et des meeples-soldats on pourrait le prendre pour un jeu de conquête ou l’on va devoir établir des stratégies militaires. Et bien pas du tout, Byzantio est un jeu de bluff et de majorité qui se joue en moins d’une heure.
Chaque joueur détermine secrètement 7 villes qui, s’il les contrôle en fin de partie, lui rapporteront des points de victoire. A chaque tour les joueurs choisissent une des 6 actions possibles (poser un meeple sur une citée, proposer un échange de meeples avec un adversaire, tenter de virer un meeple adverse, etc.). Chaque actions ne peut être utilisée qu’un certain nombre de fois et les actions impliquant les autres joueurs ont généralement une chance sur deux d’aboutir. Des événement aléatoires viendront pimenter la parties.
Au final on obtient un jeu simple où l’interaction entre les joueurs est très présente mais où l’arbitraire de certains événements ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, cet aspect ne me dérange pas car les parties sont courtes.

 

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Caverna
Un jeu d’Uwe Rosenberg illustré par Klemens Franz et édité en français par Filosophia.

L’avis de jub : Pas de mystère avec Caverna : c’est un remake d’Agricola. 70% des règles sont semblables et le livret de règles pointe chaque fois ce qui différencie les deux jeux. Utilisant le même moteur de pose d’ouvriers, Caverna n’apporte de la nouveauté qu’en proposant d’armer ses ouvriers (le jeu indique que ce sont des nains) pour les envoyer en expéditions rapporter divers butins : une manière différente de collecter des ressources.

Fini également les cartes distribuées en début de partie : tout le monde commence avec les mêmes atouts. Le comptage des points laisse également beaucoup plus de liberté, n’obligeant pas aller pointer dans toutes les catégories pour éviter des malus. Du coup, on est moins prisonnier de la stratégie dictée par ses cartes et le scoring final et on a beaucoup plus de liberté de jeu, les orientations étant données par les bâtiments que l’on construit et qui sont eux très nombreux. Au final les jeux ne doublonnent pas totalement mais l’achat de Caverna peut quand même se révéler une décision difficile car il contient assez de matériel pour jouer à 7 avec une boîte très lourde et remplie à l’extrême et un prix correspondant.

 

L’avis de Martin : Caverna est présenté comme un reboot d’Agricola avec des nains. C’est effectivement la même mécanique de jeu avec quelques subtiles différences qui le rendent plus rapide à jouer (il n’y a plus de cartes), plus interactif (grâce au système astucieux des expéditions), mais peut-être aussi un peu moins riche.
La grande question a été de savoir s’il faisait « doublon » avec son illustre aîné. Pour moi, c’est un faux problème : Indiana Jones 3 ne fait pas doublon avec Indiana Jones même si la structure du scénario est très proche. Les deux sont bons. Les amateurs de pose d’ouvriers ne se priveront pas jouer à Caverna même s’ils ont déjà Agricola.
En ce qui me concerne, je sors volontiers Caverna en ce moment mais j’ai également rejoué avec grand plaisir à Agricola avec les cartes de la mini extension du championnat du monde sans avoir l’impression de jouer au même jeu.

Bon, par contre, comme pour Indiana Jones, il n’est peut-être pas indispensable de sortir un Agricola chez les extra-terrestres.

 
« Regarde, l’âne, je t’ai préparé une bonne soupe
verte de potiron dans ma marmite accrochée
au plafond de la grotte.
« 

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Hegemonic
Un jeu de Oliver Kiley illustré par Clay Gardner, Honoel Ibardolaza, Oliver Kiley et Alex Skinner et édité chez Minion Games.

L’avis de jub : Nouvel épisode dans la recherche d’un 4X galactique plus facile à sortir que le majestueux Twilight Imperium III.
Et comme Eclipse, Hegemonic arrive chargé de bonnes idées et de promesses mais ne parvient pas à convaincre complètement. Une première partie à 3 qui ne semble pas la meilleure configuration pour ce jeu. Du coup, la partie s’est transformée en un pierre-papier-ciseau géant et alambiqué où chacun montait un axe de développement (production, politique ou militaire) et pouvait attaquer les autres dans son domaine de prédilection. A retester à 4 ou 5 joueurs pour éliminer cet aspect et développer les soutiens politiques. A noter quelques points forts : des plateaux individuels avec des emplacements en reliefs pour les jetons et un système de leaders avec pouvoirs spéciaux très malin.

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BraveRats

un jeu de  Seiji Kanai illustré par Christophe Swal et publié en français par Blue Orange.


L’avis de Martin 
BraveRats surfe sur la vague des jeux minimalistes fonctionnant avec quasiment pas de règle et juste quelques cartes.
Chaque joueur dispose d’une main de 8 cartes et en joue une face cachée à con tour. Suivant le principe de la bataille (et de la sélection naturelle), celui qui a la plus grosse l’emporte.
Bon, c’est quand même beaucoup plus malin qu’une simple bataille : les cartes ont des effets et au fur et à mesure que la partie avance, on peut deviner, par élimination, la carte que va jouer son adversaire.
La limite du jeu est qu’il ne se joue qu’à deux et qu’on a vite fait le tour des effets de cartes.
Ça fonctionne, ce n’est pas désagréable, mais je doute y jouer régulièrement.

 

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Panique à Wall Street
Un jeu de Britton Roney illustré par Marie Avril, Audrey Guiblet, Piccolo, Matthieu Rebuffat et édité chez Marabunta.

L’avis de jub : Voilà un Marabunta qui m’était resté totalement inconnu mais qui est revenu sur les tables de jeu plusieurs fois récemment. C’est un très bon jeu d’enchères/commerce/négociation/baratin qui en plus permet de jouer à beaucoup. Il bénéficie en plus d’un très bon matériel avec un style « réclame » désuet assumé de qualité !

 

L’avis de Martin : Quand j’ai joué pour la première fois à Panique à Wall street, l’équipe d’Asmodée qui faisait tourner la V.O. le présentait comme un « jeu d’ambiance pour gros joueurs ».
Il y a effectivement un peu de ça : il s’agit d’un jeu où les joueurs, classés entre investisseurs et gérants d’entreprises, achètent et vendent leurs actions dans un joyeux brouhaha mais où il faut calculer un minimum pour faire de bonnes affaires.
Du coup, selon les publics, le jeu ne fonctionnera pas toujours : il est préférable d’y jouer entre amateurs d’enchères et de calcul mental. Avec un public familial, ça ne passe pas du tout.
Mais quand j’ai l’occasion d’y jouer avec le bon public, je passe en général un très bon moment.


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