En vrac : Dead of winter, Colt Express, Abyss, Minivilles – Marina, Barbarossa

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En vrac

« En vrac » c’est notre rubrique collective de discussions et « d'avis-minute » sur nos soirées jeux plus ou moins hebdomadaires.

 

La rubrique « En vrac » réunit nos « avis-minutes » sur les dernières nouveautés. Bon d’accord il ne s’agit pas de nouveautés sorties la semaine dernière, mais justement il était temps que nos blogueurs donnent leur avis sur les jeux de la fin d’année dernière.

Dead of winter

Un jeu d’Isaac Vega et John Gillmore
Illustré par Fernanda Suarez
Publié par Filosofia

2 à 5 joueurs, à partir de 13 ans, pour des parties d’au moins 100 minutes quand c’est pas plus

 

 L’avis de Kristoff :  Il fait froid, quelqu’un a encore oublié de rajouter du bois dans le brasero. Bon sang ce n’est quand même pas compliqué de débiter un palette de supérette ! Déjà que je me les caille tout seul à tenter de trouver quelques conserves qui auraient échappé aux pillages. Mais rien, toujours rien, l’ancien gérant devait être un maniaque du bricolage. J’aurai mieux fait d’aller fouiller l’école, il paraît que la cantine est encore à peu près intacte.
Mais j’ai pas voulu accompagner l’autre blondasse… elle a un regard qui me fait froid dans le dos. Du coup je me retrouve comme un con dans une supérette à tâtonner dans le noir pour chercher à bouffer. Merde, j’ai fait tomber une caisse ! Ça devait être des billes, ça rebondit de partout et ces saloperies s’éparpillent en roulant, avec mon bol je vais m’en coller une sous le pied pour me casser la gueule.
Attends, c’est quoi ce bruit au fond ? On dirait des pas, enfin je suis pas certain, ça s’est arrêté. Ma voix part dans les aigues quand je m’entends bafouiller un vague « y’a quelqu’un ? »…

Voilà que je m’emballe. Sous prétexte que Dead of winter est totalement immersif, je me retrouve à écrire des intros à rallonge. Il faut dire que, niveau ambiance, ça peut être très tendu. Oui, il s’agit une nouvelle fois de diriger une petite équipe de survivants dans une colonie entourée de zombis,et de remplir des missions pour gagner la partie contre le jeu. Il y a un objectif commun, allant de stocker une certaine quantité de vaccins à celui de survivre durant 5 tours, auquel s’ajoute une mission aléatoire à chaque tour, et bien entendu des conditions de survie en milieu hostile qui nécessitent d’éviter la famine et de conserver un niveau de moral collectif supérieur à zéro.
Mais voilà, Dead of winter n’est pas totalement coopératif. Voir même assez peu si on joue un traître. Oui, il peut y avoir un traître, mais peut-être pas, et puis de toute façon chacun a un objectif individuel en plus de la mission collective. Du coup, évidemment, quand on envoie ses personnages fouiller un peu partout pour trouver de la nourriture, des armes, des objets divers, voir des médicaments, on doit parfois être un peu égoïste, au risque de lever des suspicions.
Moi qui ne suis pas du tout adepte des jeux coop’, Dead of winter m’a réconcilié avec le genre, y compris dans les moments un peu rôlistiques qui ajoutent du piment aux parties. Par contre, à 5 joueurs on dépasse très largement les 100 minutes annoncées pour peu qu’on survive et qu’on se prenne au jeu..

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Colt Express

Un jeu de Christophe Raimbault
Illustré par Jordi Valbuena
Publié par les Ludonautes

2 à 5 joueurs, à partir de 10 ans, pour des parties de 40 minutes environ

 

 L’avis de Kristoff :  C’est fou comme une représentation en 3 D de ce qui n’est au final qu’un plateau peut influencer l’ambiance d’une partie. Après tout, ce jeu de programmation aurait très bien pu avoir une représentation classique illustrant des wagons et leur toit, il était même possible de figurer les personnages par des jetons.
Mais non, dans Colt Express on est face à un véritable train qu’il s’agit de dévaliser à l’aide de cow-boys meeples qui vont traverser les wagons, monter, descendre au fil des évènements plus ou moins contrôlés. L’effet est si efficace que c’est bien nous, joueurs, qui ramassons les butins, les perdons après avoir reçu un coup de poing, qui tirons sur nos voisins ou recevons une balle supplémentaire qui va un peu plus pourrir nos actions à venir.
Colt Express est un excellent jeu familial où l’on programme ses actions tout en mémorisant (et il s’agit parfois de deviner) celles des autres partenaires. Et, lorsque le film des évènements se déroule sous nos yeux, de joyeuses exclamations saluent les enchainements parfois totalement chaotiques à la limite du burlesque. Voilà un beau jeu de western à l’ambiance garantie.
Et entre nous, vu la tendance du moment, je le verrai bien être nominé au Spiel.

L’avis de Jub : J’allais vers Colt Express un peu à reculons et empreint de pressentiments car on me l’avait présenté comme plutôt familial et chaotique. Une première partie venait en partie me conforter dans cette présentation, sauf qu’on ne m’avait pas assez renseigné sur un autre aspect du jeu : c’est quand même vachement fun ! Alors quand lors des parties suivantes on a utilisé la variante dans la pioche des cartes qui permet de réduire le hasard, c’était clair qu’on était en présence d’un très bon jeu, de plus très bien édité (le train en 3D qui ne serait rien sans une boîte adaptée pour le ranger : parlez-en aux possesseurs d’El Grande, ils sauront de quoi vous parlez…).

L’avis de Martin : La première chose que l’on voit lorsque l’on s’approche d’une table de Colt Express, c’est son superbe train en 3D qui m’a évoqué un jeu enfant au départ.
Ben oui, généralement ce sont les éditeurs de jeux enfants qui soignent tout particulièrement l’esthétique de leurs jeux en proposant un petit matériel attractif qui, à lui seul, pourra susciter des envies d’achat (même si le mécanisme est tout pourri). Pour nous autres, joueurs adultes, il a longtemps fallu se satisfaire de boîtes moches et de plateaux sans relief. Forcément, on est grands, ce n’était pas l’essentiel.

Et bien non, les ludonautes nous proposent avec Colt Express un jeu adulte, malin, ingénieux avec un système de programmation très fun et visuellement attractif.
Un jeu indispensable.

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Abyss

Un jeu de Bruno Cathala et Charles Chevallier
Illustré par Xavier Collette
Publié par Bombyx

2 à 4 joueurs, à partir de 10 ans, pour des parties de 45 minutes environ

Est-ce possible ?!? Les trépidations de fin d’année nous ont fait oublier de parler d’Abyss dans la Sélection du Dimanche ? Le jeu évènement de la fin de l’été n’avait pas encore eu les honneurs d’un article collectif, c’est maintenant chose faite.

 L’avis de Jub : Une fois le choix fait entre les 5 boîtes différentes d’Abyss, qu’est-ce qu’on trouve ? Les illustrations sont magnifiques, c’est indéniable. Les perles et les coquilles pour les stocker sont vraiment très plaisantes à manipuler. Mais à part le soin apporté au matériel qu’en est-il du jeu ?
Hé bien plus je joue à Abyss, plus j’ai tendance à le trouver bon (déjà 7 parties sur septembre). Le choix entre les 3 actions possibles à chaque tour oblige souvent à des arbitrages difficiles. Le mécanisme de « stop ou encore » fonctionne très bien car on doit évaluer les risques en fonction de ce que l’on peut piocher pour soi et de ce que l’on rend disponible pour les autres. Les pouvoirs des Seigneurs qui disparaissent lors de l’acquisition des lieux demandent encore une fois de faire des choix et le jeu ne se joue définitivement pas en automatique. Enfin, l’économie du jeu avec le nombre de perles très fluctuant au cours de la partie oblige à toujours surveiller la richesse de tous les joueurs autours de la table. D’ailleurs, dans Abyss, l’interaction entre les joueurs est omniprésente !
Excellent à 3 et à 4, jouable en moins d’une heure, il sort quasiment à chaque soirée. Les joueurs avec un peu d’amour-propre prendront soin d’éviter d’acheter la boîte avec la couverture bleue, décidément trop mainstream.
Petite variante : Le lieu « Les Fumeurs Noirs » reste dans le thermoformage lorsque l’on joue. Cela permet d’éliminer un élément chaotique et chronophage à peu de frais !

L’avis de Jérôme : Le matériel d’Abyss est vraiment splendide. La mécanique de jeu confronte sans cesse les joueurs à des micro-choix, c’est très agréable mais (il fallait s’y attendre) je regrette les trop nombreux petits mécanismes différents, ils gênent mon immersion ^^ dans l’univers époustouflant qui nous est proposé.

 L’avis de Kristoff :  Immersif à souhait (normal pour un jeu aquatique diront certains) grâce aux superbes illustrations de Xavier Collette et l’idée assez originale d’utiliser des perles comme monnaie, Abyss est un jeu fluide où il faut ne pas avoir peur de se mouiller pour remporter la partie : entre le tirage des peuples alliés et le renouvellement des Seigneurs, un choix peut s’avérer extrêmement bénéfique comme totalement malheureux et profitable pour les adversaires.
Un jeu d’opportunisme donc, mais avec aussi une part de hasard non négligeable dans le tirage des cartes. Et quand la chance ne veut pas être au rendez-vous, il ne reste plus qu’à se dire « non mais à l’eau quoi ? »

L’avis de Dncan : Bruno (Cathala) et Charles (Chevallier) nous ont apporté là un excellent jeu « passerelle », de ces titres qui vont permettre à des joueurs occasionnels de s’intéresser à quelque chose d’un tout petit peu plus consistant, le genre de créneau qu’occupe par exemple Les Aventuriers du Rail. En effet Abyss a de nombreux atouts pour cela : les règles sont simples et vite expliquées, la durée est bien calibrée (autour d’une heure), le matériel est magnifique (illustrations, perles…), l’interaction omniprésente, et les temps morts rarissimes car on intervient également souvent pendant le tour des autres joueurs. Je dirais que le seul défaut est l’absence dans la boîte d’un CD de musique d’ambiance, que l’on palliera avec la BO de la Petite Sirène ou du Grand Bleu, ou alors des chants de baleines, selon vos goûts.

L’avis de Martin : Généralement, lors de nos soirées-jeux, nous programmons un « gros » jeu complexe qu’il nous faut préparer et qui va nous demander un minimum de concentration. Mais quand cela n’occupe pas toute la soirée nous apprécions de sortir un jeu plus léger, rapide, avec une part de hasard en guise de « récréation ».
L’an passé, nous sortions souvent Bruges qui était l’un de nos jeux favoris. Cette année, c’est Abyss qui lui a succédé et que nous avons très souvent joué. À tel point qu’au moment de faire nos bilans de l’année, quand la question de notre jeu préféré s’est posée, je n’ai pas pensé en premier aux différents gros jeux que nous avons découverts mais à ce jeu familial (et magnifique) à la mécanique parfaite dont je ne suis pas prêt de me lasser.

Ce qu’en pensent les autres : Matthieu

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Minivilles – Marina

Un jeu de Masao Suganuma
Illustré par Noboru Hotta
Publié par Monster Games

2 à 4 joueurs, à partir de 7 ans, pour des parties de 30 minutes environ

Il s’agit d’une extension du jeu Minivilles présenté dans un précédent article.

L’avis de Jub : Comme prévu, Marina apporte un peu plus de diversité et de choix au pays où l’attente du 7 et du 8 régnaient en maître. Plus de bâtiments, de nouvelles stratégies pour faire des sous, de nouvelles stratégies pour ralentir les autres… Mais tout cela se fait au dépend de la rapidité des parties. Les débuts de parties peuvent être un peu laborieux dans certaines configurations. Je reste sur ma note initiale malgré le renouvellement des parties. Celà reste toutefois un des jeux les plus joués avec les enfants.

L’avis de Matthieu : Tout pareil que Jub en plus désappointé, parce que j’aime le jeu de base et que j’attendais réellement l’extension avec impatience. On subit la configuration de départ en plus des jets de dés désormais. On achète des cartes par défaut en croisant les doigts pour que les cartes qui combottent sortent. Alors oui pour sûr les stratégies pré-établies ont volé en éclat, mais ce n’est pas hyper satisfaisant pour autant.

L’avis de Dncan : Le plaisir que j’avais à jouer à Minivilles est un peu retombé, même si Marina relance bien l’intérêt pour le jeu. Celui-ci reste très plaisant à jouer, mais il faut bien reconnaître que c’est avant tout un jeu de chance. A celle des lancers de dés s’ajoute maintenant celle du défilement des cartes, et le jeu est maintenant un peu plus long, un petit peu trop peut-être par rapport à la part de contrôle que l’on y a…

L’avis de Martin : Je l’avoue, la boîte de base de Minivilles m’a assez vite lassé. Le jeu manque de variété et de surprise à mon goût personnel. Mais avec cette petite extension qui ajoute quelques cartes supplémentaires et le système de tirage au sort des cartes en jeu, Minivilles redevient un incontournable de l’année 2014 à tel point que si vous ne connaissez pas le jeu, je vous conseille de l’acheter directement avec son extension.

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Barbarossa

Un jeu de Atsuo Yoshizawa
Publié par Éditions sans-détour – Play Win

2 à 5 joueurs, à partir de 12 ans, pour des parties de 60 minutes environ


L’avis de Jub : Dans la jungle surpeuplée des jeux de deckbuilding, il est difficile de se faire sa place avec des mécanismes vraiment novateurs. Qu’à cela ne tienne ! Barbarossa a misé sur un autre aspect : le thème et les illustrations. Le jeu est plutôt sympa à jouer mais on ne va pas faire les hypocrites, on l’achète surtout pour avoir un objet de déviance assumée et le montrer à ses amis.

L’avis de Jérôme : Les parties que j’ai faites de ce jeu ne feront pas forcément date dans mes choix ludiques, mais si l’on dépasse la polémique des illustrations, on découvre avec surprise une belle adéquation entre la mécanique et le thème, ce qui dans le champ du deckbuilding n’est pas courant.

L’avis de Dncan : Déjà, je précise que Barbarossa date en fait de 2010. Il a juste mis 4 ans avant qu’un éditeur ne s’intéresse à sa traduction, et d’ailleurs on notera qu’il s’agit d’un éditeur de jeux de rôles. Ce qui m’avait frappé à l’époque était justement la présence forte de ce thème qui ressortait dans les parties, malgré la proximité mécanique avec Dominion qui lui restait plutôt abstrait.
Ensuite un élément marquant, on l’aura compris, ce sont les illustrations, qui ont déclenché de nombreux débats que je ne reprendrais pas ici. Par contre je ne peux m’empêcher de relater l’anecdote où des joueurs critiquaient le choix de l’éditeur français de « traduire cette version provocative du jeu, plutôt que la version de base avec les images d’archives militaires »… alors qu’en fait cette version est bel et bien la version de base, et que la version avec les images d’archives est une édition spéciale destinée à certains amateurs de militarisme, et que c’est cette dernière qui est considérée comme transgressive.
Au final, les sensibilités de certains joueurs pourraient être dérangées avec ce titre, là où les autres en viennent rapidement à oublier ces illustrations une fois entrés dans le jeu. Personnellement, je trouve qu’il y a bien plus choquant avec certaines affiches publicitaires qui s’étalent à la vue de tous en ville.

L’avis de Martin : Je vais faire court : Barbarossa est un jeu de deckbuilding qui emprunte à la fois à Dominion et à quelques autres jeux parus après lui sans rien inventer de particulièrement nouveau. Son seul intérêt concerne donc son thème étonnant qui en choquera beaucoup. Très dispensable à mon sens.

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