En vrac : Patchistory, Nations, Theseus, Bruxelles 1893, Concordia

avatar

En vrac

« En vrac » c’est notre rubrique collective de discussions et « d'avis-minute » sur nos soirées jeux plus ou moins hebdomadaires.

« En vrac » c’est notre nouvelle rubrique collective de retour sur nos soirées jeux plus ou moins hebdomadaires. Cette semaine, elle est, une nouvelle fois, consacrée aux jeux achetés lors du salon d’Essen. On a désormais joué l’essentiel des jeux achetés en Allemagne. Suffisamment pour affirmer que l’édition 2013 était un très bon cru !

Cliquez sur une boîte pour accéder directement à sa critique sur la page :


Theseus
un jeu de  Michel Orasz publié par Portal Games et bientôt par Iello

L’avis de Jub : Le thème pourrait vaguement vous faire croire que vous allez participer à une lutte pour le contrôle d’une base spatiale. C’est un peu le cas mais tout ceci passe au second plan car vous êtes dans un jeu de Michał Oracz (Neuroshima Hex) et vous êtes là avant tout pour vous faire des nœuds dans la tête ! Avec des mécanismes au départ assez déroutants, on se retrouve avec un jeu où il faut avant tout savoir anticiper ses déplacements. Les factions ont des modes de jeu très différents qu’il faudra savoir apprendre à utiliser (encore un point commun avec Neuroshima Hex).
Partie à 3 joueurs en mode initiation assez plaisante et qui donne envie d’y revenir pour tester l’intégralité des cartes. Le jeu à 2 doit être très très stratégique et très très tendu.
Le jeu à plus de 3 joueurs me semble quand même assez chaotique.

 

 L’avis de J3ROM3 : The Dark Orbit, est une sorte de version de SF de Benny hill. Chaque joueur va essayer de marquer des points en tapant sur la tête de ses camarades (petits et/ou chauves) ou bien pour certains (les petits ou les chauves) en essayant de choper des données confidentielles (en installant des caméras par exemple). Pour respecter le style, tout le monde se court après en tournant dans le même sens. Voilà pour la Benny Hill touch, maintenant rassurez-vous, on est dans de la SF qui respecte tous les poncifs du genre : les Aliens sont chitineux, baveux, certains se reproduisent salement, les meuwrines utilisent des lance flammes, il y a des médikit et tout et tout…
Introduit comme ça, je ne sais pas si je rends bien service à ce jeu qui est une perle à mes yeux.

La base des marines.

Plus sérieusement, j’ai trouvé dans ce jeu un système d’activation à plusieurs niveaux assez passionnant. Je m’explique : quand on déplace un de nos personnages, on va pouvoir éventuellement déclencher un combat, puis utiliser un pouvoir fixe liée à notre secteur d’arrivée. On peut activer après une carte précédemment installée dans ce secteur, ensuite en installer une et pour finir préparer le terrain pour une future installation. Du coup, tout le jeu réside dans les déplacements, mais bien sûr on ne choisit pas de combien de cases notre pion va se déplacer, (il se déplace d’un nombre de case égal au nombre de pions présent dans son secteur).
Rassurez-vous, les joueurs ont le choix d’activer l’un de leurs 3 personnages à chaque tour. Cela donne un jeu super dynamique (aux règles simples) où l’on doit anticiper les mouvements des autres afin de rendre les activations adverses bénéfiques pour soi.

 La fiche du jeu chez

Bruxelles 1893
un jeu d’Etienne Espreman, illustré par Alexandre Roche et publié par Pearl games

 L’avis de Martin : Bruxelles 1893 est un jeu que je suis depuis un peu plus d’un an.
Sélectionné parmi les 10 finalistes du concours de Boulogne-Billancourt en 2012, j’avais poussé pour qu’il y soit primé. J’avais été séduit par la richesse du jeu et la profondeur stratégique que je croyais y déceler même si je m’étais dit que le travail de réglage de l’éditeur ne serait pas simple. Je m’étais même permis d’en toucher un mot à Sébastien Dujardin en me disant que ce jeu aurait tout à fait sa place dans le joli catalogue Pearl Games… Heureusement, ma modestie n’aura pas à en souffrir : je ne suis pas pour grand chose dans son édition puisque la Belgique est un petit pays et que l’éditeur avait déjà repéré le jeu d’Etienne Espreman bien avant que je lui en parle. Il y a des évidences contre lesquelles on ne peut pas lutter !

Un an plus tard, Bruxelles 1893 ne m’a pas déçu. Beaucoup de mécanismes ont évolué depuis la première version et comme toujours, il faut saluer le travail irréprochable de Sébastien Dujardin. Je ne vous ai pas dit grand chose sur le principe du jeu : il est difficile de faire court pour un jeu aussi riche. J’y reviendrai probablement plus en détail dans un article spécifique. Simplement : j’aime beaucoup !

L’avis de Jub : Le nouveau Pearl Games avec des illustrations d’Alexandre Roche qui servent très bien le thème et sont moins clivantes que celles de Troyes/Tournay.
Ici, on est dans un jeu de placement d’ouvriers avec beaucoup de mécanismes imbriqués. L’explication des règles peut effrayer quelque peu mais dès le premier tour, on voit que tout tourne très bien. Idéal pour les amateurs de planification rigoureuse et d’interaction importante entre les joueurs (parce que de l’interaction, il y en a).

C’était ma première partie sur le jeu définitif et il y a eu quelques changements par rapport au proto testé à Cannes.

Le matériel du jeu

 

 La fiche du jeu chez

Concordia
un jeu de  Mac Gerdts illustré par Marina Fahrenbach et publié par PD verlag

L’avis de Martin : Je reste un peu partagé sur le nouveau de Mac Gerdts qu’il m’est difficile de « noter » après une seule partie.
J’aimais bien sa traditionnelle roue qui consistait à jouer ses actions en fonction d’un ordre préétabli, même si je n’y étais pas attaché au point de l’imaginer dans tous les jeux. L’annonce d’un nouveau Mac Gerdts sans roue n’était donc pas pour me déplaire. À la place, on trouve un système de cartes qui représentent chacune une action différente. Les joueurs disposent d’une main de cartes qu’ils peuvent enrichir en en achetant de nouvelles. Ces cartes présentent en outre la particularité de spécialiser les joueurs dans la course aux points de victoire.

Dans l’ensemble, ce système de deck-building original, adapté à un jeu de plateau, m’a beaucoup plu et j’ai pris un réel plaisir à jouer à Concordia.
Je nuancerais cependant cet avis positif par le décompte de points final qui me laisse perplexe : il y a beaucoup de façon de scorer et les stratégies, sur le plateau, m’apparaissent finalement assez peu lisibles. Pour la première partie, à l’exception d’une ou deux cartes très disputées, chacun a joué sa stratégie sans trop s’occuper de ses adversaires. Il faudra voir sur d’autres parties si j’arrive à y voir un peu plus clair et à savoir qui mène au score sans réaliser le décompte intégral.

Si cette fois, Mac Gerdts ne pourra pas faire le paon avec sa roue, Concordia a tout pour être l’un de ses plus grands  jeux. Un big Mac.


   L’avis de Jub : Mac Gerdts nous sort un jeu sans sa célèbre roue des actions O_o.
Très joli plateau avec d’un côté le pourtour de la méditerranée et de l’autre l’Italie. Il va falloir installer des cités pour faire du commerce entre toutes ces provinces. Le jeu mêle déplacements, exploitation de ressources, constructions grâce à des cartes d’actions et rajoute une léger système de deckbuilding pour améliorer sa main de cartes d’actions. La bonne idée c’est que le deck de cartes d’actions servira également à la fin pour calculer les points de chacun des joueurs. Donc la partie deckbuilding devient doublement stratégique.

Première partie pour tout le monde à 4 joueurs. Jeu fluide et très agréable. A noter une petite carte que les joueurs se passent dans le sens inverse du tour de jeu et qui rappelle beaucoup Imperial (parce qu’on ne peut pas réellement parler de Mac Gerdts sans citer Imperial).

 La fiche du jeu chez

On en a déjà parlé mais on y a rejoué (avec les bonnes règles) :

Patchistory
un jeu de  Yeon-Min et JungJun-Hyup Kim publié par Deinko

L’avis de Jub : Après avoir corrigé les erreurs de la dernière fois, le jeu se révèle beaucoup plus jouable : on peut faire des actions dès les premiers tours sans être toujours sur la corde raide pour pouvoir atteindre l’équilibre entre revenus et coûts d’entretien.
Du coup, on a pu faire une partie complète et tâter du jeton <80 points de victoire> qui nous apparaissait inaccessible lors de la première partie. Le principe du patch est toujours aussi sympathique. L’interaction a été extrêmement forte à chaque tour lors des enchères pour les tuiles et il y a beaucoup de subtilité dans le mécanisme des votes pour élire les cartes qui rapporteront les points de victoire : là encore on peut bien enfoncer les copains.

Le début de la partie a été relativement bisounours avec des alliances commerciales et aucune guerre ou menace. Les guerres n’ont fait leur apparition qu’aux 2 derniers tours où nous avons pu constater les gains de points de victoire énormes que cela procure !
Très forte envie d’en refaire une pour maintenant pouvoir bâtir une stratégie dès le début de la partie. En espérant que les parties s’accéléreront également car 3 heures de jeux à 4, c’est quand même un peu long.

L’avis de J3ROM3 : Je savais que j’aurais dû faire coréen en LV2 au collège…
En tout cas avec les bonnes règles Patchistory passe très bien. Les stratégies possibles respectent les catégories du jeu de Civ (guerre, commerce, merveilles etc.), on est néanmoins tenu de s’adapter aux tirages des tuiles et aux résultats des enchères. Ces dernières sont toujours âpres et les choix sont cornéliens si on veut « patcher » au mieux sa dernière acquisition sans (trop) écraser les précédentes (qu’on avait bien sûr payées un rein et qui étaient vraiment trop super).

Concernant la durée de la partie, c’est vrai que c’est long mais on ne voit pas du tout le temps passer.

On en a déjà parlé mais on y a rejoué :

Nations
un jeu de  Rustan Håkansson, Nina Håkansson, Einar Rosén et Robert Rosén publié par Ystari (en France)

L’avis de Jub : Une fois Patchistory rangé, on s’est dit qu’enchaîner avec Nations serait une bonne thématique.

Partie à 3 joueurs avec toutes les cartes (cartes de base + avancées + expert) et les civilisations typées (côté B des plateaux individuels). Pour trancher avec ma partie de Patchistory en mode « je suis la Croix Rouge, marchez-moi dessus ! », je décide de partir directement en militaire avec Rome et ses légions. Du coup, pas mal de compétition avec le Perse sur ce domaine et une course de vitesse pour prendre les colonies. Le Chinois, de son côté, fait l’impasse sur le militaire et remplit son jardin avec des merveilles.

Le jeu est toujours aussi fluide et plaisant. Les cartes d’événements ajoutées brisent beaucoup la routine des événements de base. Par contre, je m’interroge sur la viabilité d’une stratégie sans militaire car on se prive quand même de 3 types de cartes : les guerres, les batailles et les colonies…

Le visuel du jeu présent à l'arrière de la boîte

 

 L’avis de J3ROM3 : Première partie de Nations, j’ai été étonné par la fluidité de ce jeu.
Les règles sont expliquées en 7 minutes et l’iconographie du jeu prend ensuite naturellement le relais. Cela n’en reste pas moins un jeu exigeant quant aux choix à effectuer au cours de la partie. Le très grand nombre de cartes progrès ( 296, toutes différentes !!) et les 40 cartes événements amènent une part d’opportunisme qui n’est certes pas négligeable, mais une stratégie globale s’avère néanmoins nécessaire. J’ai par exemple essayé dans cette partie de faire un peu de tout… ben au final je n’ai pas fait grand chose !

Mon, seul regret c’est qu’on ne peut pas jouer avec les règles de Timeline. En effet, même si chaque carte fait mention d’un personnage, d’un lieu ou d’un événement, la date est toujours marquée sur le recto. Sur le verso on a systématiquement Marie Curie. Alors du coup on se retrouverait à toujours essayer de placer Marie Curie sur la ligne du temps, ce ne serait pas vraiment très très passionnant. Enfin, je crois…

 La fiche du jeu chez

On en a déjà parlé mais J3ROM3 le découvrait :

Tash-kalar 
un jeu de Vlaada Chvátil illustré par David Cochard et édité par CGE

 

 

 

Les pions qui arrivent sur le plateau sont posés à partir d'autres pions déjà présents.

L’avis de J3ROM3 :  J’avais été déçu de lire que le dernier Chvatil était en fait un jeu abstrait.
Mais en ce temps là je ne savais pas encore que j’aimais beaucoup les jeux abstraits, enfin certains jeux abstraits. Déjà, ça n’a rien avoir avec le sujet de l’abstraction, mais le matos est très sympa : les cartes sont grandes, le plateau est beau, les illustrations sont chouettes et la lisibilité est parfaite.
Ensuite c’est un jeu qui contient pour moi un part de fun. Difficile de justifier en quoi placer des pions sur un quadrillage afin d’essayer de faire des motifs peut paraître fun mais je pense que le jeu nous amène plus à utiliser notre intuition que notre puissance de calcul. On ne peut pas « s’amuser » à essayer de prévoir les coups x tours à l’avance car chaque joueur a des cartes en main qui vont introduire une bonne dose de chaos sur le plateau. On se retrouve donc à essayer d’exploiter rapidement les effets de cartes en essayant de les enchaîner afin d »augmenter sa marge d’action pour le prochain tour tout en ayant, bien sûr, un œil attentif et avide sur les objectifs à valider.

Peut-être que ce genre de raisonnement explique ma défaite, mais il n’en reste pas moins que j’ai beaucoup apprécié ce jeu que je classe volontiers dans la même catégorie que Neuroshima Hex. (un autre jeu de placement, un peu abstrait, qui nous vient de l’est)

Le plateau, digne d'un jeu abstrait

Le plateau, digne d'un jeu abstrait

 La fiche du jeu chez