En vrac : Romans go home !, 18 soldats du feu, Manhattan Project

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En vrac

« En vrac » c’est notre rubrique collective de discussions et « d'avis-minute » sur nos soirées jeux plus ou moins hebdomadaires.

Cette semaine, nos avis en vrac concernent deux grosses boîtes publiées par Marabunta avec 18 soldats du feu (ce nom du jeu est déjà culte) et The Manhattan project et un petit jeu malin dans une petite boîte, Romans go home !

Cliquez sur une boîte pour accéder directement à sa critique sur la page :
    

Romans go home !
Un jeu d’Eric B. Vogel
Illustré par François Bruel
Publié par Lui-même

1 à 4 joueurs, à partir de 8 ans, pour des parties de 20 minutes

 

 

L’avis de Martin :  Romans go Home! est un petit rapide et très simple à expliquer qui peut se jouer sur un bout de table à la fin d’un repas ou entre deux parties de plus gros jeux.
Les joueurs tentent de gagner des cartes « points de victoires » en disposant faces cachées, 6 cartes de leur main aux valeurs et aux effets différents. 6 cartes, cela impliquent de calculer les effets que nos cartes auront les unes par rapport aux autres, de réaliser en quelque sorte une petite phase de « programmation ». Et comme les joueurs disposent des mêmes cartes, il est possible d’anticiper les actions de ses adversaires.
En deux mots, il faut analyser les stratégies adversaires pour réaliser de bonnes programmation.
C’est très chaotique à 4 joueurs (trop pour moi), très tactique à 2 joueurs, je privilégie donc la configuration 3 joueurs qui me plaît beaucoup.

 

L’avis de Jub : Petite boîte, petit jeu d’affrontement rapide mais malin. Là où Brave Rats ne misait que sur le bluff et le double-guessing, Romans go home apporte un peu plus de stratégie avec l’enchaînement des combats et le fait que les combattants battus restent en jeu. Il peut également se jouer à 3 ou 4. Testé et approuvé à 3 joueurs car les parties sont rapides et s’enchaînent à un bon rythme.

La fiche du jeu chez

18, soldats du feu
Un jeu de kevin Lanzing
Illustré par des photos
Publié par Asmodée

2 à 6 joueurs, à partir de 10 ans, pour des parties de 45 minutes

 

L’avis de Dncan : Ce jeu coopératif a de nombreuses qualités. Déjà le thème, qui parlera à tous quel que soit l’âge ou le genre, et qui est bien traité dans le jeu (quiconque aura vu le film Backdraft ne pourra s’empêcher d’y repenser à chaque explosion), avec même une touche d’humour (et si moi je veux sauver le chat d’abord ?!).

Ensuite, la présentation des règles en deux niveaux, qui permettra un accès facile grâce au mode familial (10 minutes d’explications), puis seulement une ou deux parties après, le passage aux règles complètes (5 minutes de plus). D’autant que dans ce mode complet figure le choix du niveau de difficulté, et qu’il permettra donc de jouer avec tout le jeu tout en continuant à affronter un niveau facile si on ne veut pas plus de challenge immédiat. Le jeu est fluide et la durée d’une partie est bien adaptée : autour d’une heure, même à 6 joueurs.


La présence d’un certain hasard occasionnera de nombreux rebondissements de situation, et garantira une bonne rejouabilité tout en limitant les possibilités de contrôle de certains joueurs qui chercheraient à diriger les autres (un écueil présent sur certains jeux coopératifs). Enfin, le jeu jouit d’un fort succès dans sa version originale, ce qui lui a apporté quelques extensions bien variées qui ne manqueront pas d’être traduites si la version française trouve également son public : vous aurez alors droit bien sûr à quelques rôles supplémentaires (y compris un chien sauveteur), à des gadgets variés (des portes verrouillées, des victimes plus ou moins lourdement blessées, d’autres animaux (et si moi je veux sauver le poisson rouge d’abord ?!), des figurines pour remplacer les pions en bois…), mais surtout à des théâtres d’opération bien différents (maison à étage, immeubles de bureaux, sous-marin…).

On pourrait lui reprocher le côté un peu artificiel de l’apparition des victimes à des endroits où on est déjà passé trois fois depuis le début de la partie, mais c’est une concession légère à faire et qu’on peut lui excuser en prétendant que la fumée omniprésente nous les avait cachées jusqu’ici, qu’on était focalisé sur autre chose, et que tout simplement elles n’étaient pas là avant et viennent seulement de s’y traîner laborieusement avec leurs dernières forces avant de s’y évanouir…

La fiche du jeu chez

The Manhattan project
Un jeu de Brandon Tibbetts
Illustré par Sergi Marcet
Publié par Asmodée dans sa collection Marabunta

2 à 5 joueurs, à partir de 12 ans, pour des parties de 90 minutes

Un article complet sur le jeu a déjà été posté sur La sélection du dimanche lors de sa sortie en VO. Cet été, Asmodée nous propose une réédition en français dans sa collection Marabunta en incluant les extensions. Une très bonne nouvelle pour ceux qui seraient passés à côté.

L’avis de Matthieu : Ce jeu de développement vous propose d’incarner une nation et d’effectuer les travaux et recherches nécessaires pour se doter de bombes atomiques. Un plateau central vous offre un panel d’actions communes avec vos adversaires en nombre limité tandis que votre plateau personnel vous offre les avantages des bâtiments que vous y construirez. Un tour de jeu se résume à du placement d’ouvriers : une fois sur le plateau central et autant de fois que l’on peut/veut sur son propre plateau. Mais attention, les ouvriers utilisés ne reviennent pas automatiquement dans votre main, il faudra consacrer un tour complet de « reset » pour pouvoir à nouveau les mobiliser. Ajoutez à cela un système d’attaque-défense entre les plateaux des joueurs et vous avez devant vous toute l’étendue des interactions du jeu.

La complexité du jeu (et donc tout l’intérêt) tient dans ce plateau central : j’utilise une action commune, elle devient indisponible pour les autres joueurs tant que je n’ai pas procédé à mon « reset ». Pour autant mon tour ne dure pas 15 plombes et ça, c’est tout à fait appréciable dans ce genre d’usine à gaz. Le thème et le matériel sont plaisants. Faire du second degré sur la course à l’armement nucléaire, c’est possible (pas sûr que l’export au Japon soit vu d’un bon oeil). J’ai pris plaisir à incarner la Corée du Nord et à frôler la victoire ! Bref, c’est relativement tendu de bout en bout sans souffrir de gros temps morts. Un petit bémol pour les initiateurs : si tous les autres joueurs veulent se liguer contre vous, ils peuvent !

L’avis de Martin : The Manhattan project est un jeu que j’aime beaucoup et que je ressors toujours avec plaisir depuis sa sortie il y a deux ans.
Derrière des mécanismes qui paraissent assez classiques (un card draw et de la pose d’ouvriers) on trouve des sensations de jeu assez différentes des classiques du genre.

The Manhattan Project est avant tout un jeu de « course » dans lequel il  n’est donc pas toujours utile de se développer une économie efficace ou une industrie pointue qui tourne toute seule : ça peut même être une perte de temps et très souvent, ce n’est pas le joueur le mieux développé qui l’emporte mais le plus efficace.
Contrairement à la plupart des jeux de pose d’ouvriers, il est possible de bombarder ses adversaires pour réduire leurs industries. Cette action est risquée car elle nécessite de développer une aviation puissante (une perte de temps) puis d’attaquer (une nouvelle perte de temps). C’est le petit regret que j’ai sur ce jeu : très souvent le premier attaquant et le joueur attaqué sont fortement pénalisés dans la course à la bombe nucléaire.
Mais il est toujours difficile d’expliquer à un adversaire : « Ne m’attaque pas, ça va te faire perdre » 🙂

La fiche du jeu chez