En vrac : Russian Railroads, Mi Fu Chi, Blueprints, Bruges

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En vrac

« En vrac » c’est notre rubrique collective de discussions et « d'avis-minute » sur nos soirées jeux plus ou moins hebdomadaires.

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Russian Railroads
Un jeu de Helmut Ohley et Leonhard « Lonny » Orgler  illustré par Martin Hoffmann et Claus Stephan et publié en français par Filosofia.

L’avis de Jub : Attention, Russian Railroads n’est pas un jeu de trains !
Voilà ainsi posé le point qui pourra vous éviter une grosse déception car il faut plus aller chercher les sensations du côté d’Agricola que du côté d’Age of Steam. On est donc en présence d’un jeu de placement d’ouvriers assez touffu et dans lequel il faudra améliorer différentes pistes qui rapportent des points à chaque tour et débloquent de nouvelles options. Le jeu encourage la spécialisation au détriment de l’éparpillement. Après 4 parties je trouve que le jeu tourne très bien pour un temps de jeu très correct. Mes craintes de la première partie (existence d’une stratégie gagnante à coup sûr) sont grandement dissipées.

L’avis de Doudou : Attention, n’abordez pas une partie de Russian Railroads comme s’il s’agissait des aventuriers du rail au pays des soviets sans quoi vous seriez bien déçu. On est ici dans un jeu de planification, de pose d’ouvriers et de triturage de cerveau pour maximiser les points de victoires. Faut-il progresser sur les différentes pistes ou au contraire se focaliser sur une seule car les récompenses sont exponentielles ? Faut-il se concentrer sur les premiers types de rails, accessibles rapidement et qui permettent donc d’aller très loin, ou débloquer les rails rapportant le plus de points de victoire ? Voila un genre de jeu que j’affectionne particulièrement mais qui, je le sais, ne plaira pas à tout le monde.
Malgré une très bonne première impression, j’espère que celle-ci se maintiendra sur le temps et que le jeu est suffisamment équilibré et bien pensé pour qu’il n’existe pas LA stratégie ultime permettant de gagner à coup sûr…

L’avis de J3ROM3 : Le thème de ce jeu est très bizarre : c’est un jeu ou l’on fait avancer des rails-meeples sur 3 pistes afin de relier 3 grandes villes russes. Jusque là ça colle bien avec le nom, ce qui est étrange c’est qu’on peut faire avancer des rails-meeples de plusieurs couleur, des noirs, des gris, des bruns, des beige et des blancs. Mais bon sang, qu’est ce que ça veut dire des rails beiges ?!?
Bon bref, j’ai pas du tout accroché au thème. Concernant la mécanique c’est de la pose d’ouvriers classique. Classique mais bien pensée, avec pleins d’options. Certaines ont l’air néanmoins évidentes et le premier tour de table de chaque tour de jeu m’a l’air un peu scripté, ensuite les possibilités sont par contre assez impressionnantes. L’échelle des points de victoires est très éclatée ( 499 points), les gains sont exponentiels et il n’y a pas beaucoup de mécanisme d’équilibrage. Un beau challenge intellectuel donc.

L’avis de Martin : Russian Railroads est un bon jeu de pose d’ouvriers : ses mécanismes sont suffisamment originaux, avec plusieurs pistes sur lesquelles progresser, pour le rendre différent des autres jeux de la catégorie et proposer un défi intéressant aux amateurs du genre.
Cependant le thème, plaqué, m’a laissé froid. Ça peut paraître un détail pour ceux qui recherchent avant tout un défi intellectuel, mais il y a tellement de jeu qui paraissent que c’est souvent le critère qui fait la différence.

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Mi Fu Chi
Un jeu Ankama publié chez Ankama.

 

L’avis de jub : Mi-Fu-Chi reprend le principe du chi-fou-mi (pierre-papier-ciseau) avec des cartes et en ajoutant quelques options. Le but est d’enchaîner les tour de chi-fu-mi (chacun pose une carte face cachée et on retourne simultanément), le vainqueur faisant avancer la figurine du Wa Wabbit vers lui et gagnant un des trésors du roi lorsque la figurine est parvenu jusqu’à lui sur la piste. Celui qui possède les 3 cartes trésors a gagné. Si le coeur du jeu réside dans le principe du chi-fu-mi, quelques cartes spéciales (joker, cawotte plus forte que les cartes standards), les pouvoirs octroyés par les trésors du Wa et la possibilité de jouer 3 cartes identiques pour déclencher un effet spécial permettent de rajouter un peu de stratégie. Un peu de mémoire est bien venue pour se rappeler ce que son adversaire a déjà joué, chacun jouant avec un deck de 24 cartes (6 pierres, 6 feuilles, 6 ciseaux, 3 cawottes, 3 lenalds, 1 dofus). Bref, avec un enfant, ça marche très très bien et les parties s’enchaînent très vite. Le livret, bien que très simple, demande un peu de lecture entre les lignes. On voit qu’un grand soin a été apporté au matériel, toujours de très bonne qualité avec Ankama, mais j’aurais préféré qu’il soit plus rapide à mettre en place (piste pliée au lieu d’un puzzle, figurine en un seul morceau).

 L’avis de doudou : Si le concept de faire un jeu de cartes basé sur le chi-fou-mi peut surprendre, Mi Fu Chi réussit ce pari qui pouvait paraître risqué. Le but du jeu est de récupérer les trois trésors du Wa Wabbit, chacun ayant un pouvoir spécial très utile et très fort. Chaque fois qu’un joueur gagne, la figurine du Wa (très belle au demeurant pour qui aime le style) se rapproche de lui et dès qu’elle atteint une extrémité du plateau, la manche se termine et un trésor et gagné. Les règles du chi-fou-mi sont ici enrichies de règles spéciales comme des nouvelles cartes (jokers battant les pierres, les feuilles et les ciseaux) et la possibilité d’avancer le roi dès qu’on joue trois cartes identiques.
Les parties sont rapides et plaisantes et le jeu a l’avantage de pouvoir être joué avec un enfant. Par contre, pour des adultes uniquement, si le concept est plaisant, je doute que la rejouabilité soit le plus gros point fort du jeu.

L’avis de Martin : 2 gros points positifs à ce petit jeu pour enfants. Comme toujours avec Ankama, Mi fu chi bénéficie d’un matériel charmant et l’idée d’adapter le principe du Chifoumi à un petit jeu de société pour enfant, avec un deck de cartes limité, est excellente. Une idée simple mais qui fonctionne très bien surtout avec un jeune public.
Néanmoins, je suis sorti un peu déçu de ma première partie pour des détails qui me paraissent pourtant simple à corriger :
– Les règles joliment illustrées et plutôt simples ne sont absolument pas pratiques à lire à tel point que je me demande si elles ont seulement été testées auprès de joueurs (j’en doute). Il manque des informations, même le format dépliant n’est pas pratique.
– La mention « 5 à 15 minutes » sur la boîte ne correspond pas au vrai temps de jeu qui est plutôt « 15 à 30 minutes ». Pour ce type de jeu, c’est un poil trop long. Les conditions de victoires me paraissent trop complexes et peuvent faire traîner le jeu en longueur. Chez moi, nous avons simplifié.
– Qui est l’auteur ? Je n’ai trouvé aucune information sur la boîte.

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Blueprints
Un jeu de Yves Tourigny illustré par Chris Quilliams édité chez Z-Man Games.

L’avis de jub : Blueprints nous propose d’incarner des architectes qui doivent présenter des projets de bâtiments pour séduire un jury : diverses récompenses viennent apporter des points de victoire en fonction des spécificités du bâtiment proposé. Chacun va construire son bâtiment derrière un paravent au cours de 6 tours de « je prends un dé dans le pot commun et j’en rajoute un nouveau tiré d’un sac ». Le choix des dés se fait en fonction de son propre projet, de la couleur et de la valeur des dés et des choix des autres pour essayer de deviner quels objectifs ils vont viser. Après trois manches, on a le grand vainqueur. Le jeu est rapide, oblige à faire des choix avec un draft dans un pot commun, demande de deviner les stratégies des autres joueurs. Bien sympathique mais on a pas vibré non plus autours de la table.

L’avis de J3ROM3 : Blueprints est un petit jeu de dé original car les dés en plus d’être lancés sont également empilés pour former des « bâtiments ». Il s’agira ici d’optimiser leur agencement afin d’empocher le plus de points de victoire lors des 3 manches du jeu. Les parties sont brèves et il est indispensable de repérer les stratégies adverses, mais cela reste un jeu de dé où la chance est bien présente. J’ai eu plaisir à faire découvrir ce jeu a des non-joueurs (qui ont tous appréciés) et j’ai enchaîné pas mal de parties, malheureusement au bout d’une dizaine je me suis lassé ; les stratégies sont vraiment trop limitées. Blueprints reste un bon jeu tremplin pour initier des néophytes ou bien un petit jeu apéritif (mais dans ce cas évitez de le faire cohabiter avec des apéricubes, les risques d’étouffement seront trop importants)

L’avis de Martin : Blueprints est un petit jeu de combinaison de dés où l’on tente de construire des édifices en emplilant des dés tirés au sort dans un sac. À l’explication, on a l’impression qu’il va falloir calculer pour réaliser les meilleures édifices mais au bout d’une partie, quand on a bien compris les principes de construction, le jeu devient plutôt un petit « jeu d’apéro » pour joueur avec une bonne part de hasard et des parties suffisamment courtes pour ne frustrer personne. Dans cette optique, je l’ai trouvé plutôt agréable et j’y rejouerai avec plaisir.

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On en a déjà parlé mais on y a rejoué :

Bruges.
un jeu de  Stefan Feld illustré par Michael Menzel et publié par Filosofia (en France)

L’avis de doudou : Après une seule partie, j’ai déjà beaucoup accroché à Bruges. Les mécanismes du jeu s’enchaînent très bien et l’on réalise bien vite que la plus grosse partie repose sur les cartes et leurs effets (ce qui du coup pourrait décevoir certains joueurs). Le nombre très élevé des cartes assure une rejouabilité certaine du jeu. Je me suis focalisé sur une manière de marquer des points de victoires (les maisons et les habitants) et mettant complètement de côté d’autres (comme les canaux et les fontaines) et il me tarde d’enchaîner quelques parties supplémentaires pour explorer les stratégies potentielles.

L’avis de J3ROM3 : Je suis très heureux d’avoir joué à jeu de Stephan Feld qui me plaise vraiment. Dans Bruges il a enlevé tout ce que je n’aimait pas dans Trajan ou dans Amerigo (notamment les points de victoires qui « popent » dans tous les sens) et il a ajouté ce qui y manquait (du tirage de carte). A propos des cartes elles sont au cœur du jeu, il y en a 165, elles ont chacune une illustration différente et avec Michael Menzel à la palette on est pas déçu du voyage. Les règles sont limpides, les façons de marquer des points de victoires sont très explicites. Il ne reste plus aux joueurs qu’à explorer les différentes stratégies en essayant de faire les bons choix dans l’utilisation des cartes.

Les avis précédents de Martin et jub (cliquez sur les bonhommes pour y accéder) :

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