Essen 2013 : Jour 1

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Collectif

Un article rédigé à plusieurs mains par les rédacteurs du blog.

Le salon d’Essen est terminé.
Comme chaque année les amateurs de jeux de plateau rentrent chez eux avec des valises bien remplies et d’autres, moins jolies, sous les yeux.

Cette année, nous étions 4 à faire le voyage. Comme tout le monde, nous nous sommes précipités, en début de salon, pour acheter les gros jeux que nous avions repérés sur Internet et que nous avions peur de rater. Ensuite, nous avons consacré les journées de jeudi et vendredi à découvrir quelques petits jeux sur les tables de démo et parfois, en jouant des coudes, nous sommes parvenus à y jouer. Enfin, le samedi, dernier jour de notre périple, nous avons craqué sur des bêtises à l’aveugle pour respecter la tradition.

L’heure est venue de faire le bilan. On va tenter de partager nos découvertes à travers une série d’articles. Pour commencer, voici le compte rendu des découvertes du jeudi, première journée de notre épopée ludique.

Sur le stand Asmodée comme partout sur le salon, il faut patienter pour trouver une place assise et tester les nouveaux jeux.

 

Wooolf
un jeu de  Bono Light publié par Capstone

Après avoir acheté les jeux que nous ne voulions surtout pas rater, nous avons fait notre première pause du salon pour jouer à un petit jeu de déduction dont le graphisme nous avait attiré. Dans Wooolf, les joueurs reçoivent deux cartes qui leur indiquent le personnage qu’ils jouent (le chien, l’enfant, le mouton, le chasseur ou le loup) et les personnages qu’ils doivent retrouver parmi ceux des autres joueurs. Après une phase de jeu durant laquelle les joueurs récupèrent des informations partielle sur les personnages joués par les autres joueurs, chacun tente de remplir sa mission en identifiant ses adversaires.

L’avis de Martin : Wooolf est un petit jeu de déduction sans bluff où la stratégie semble limitée et dictée par le tirage des cartes. De jolies illustrations mais rien de passionnant d’un point de vue ludique. Je n’ai pas acheté.

 
 L’avis de jub : Passée l’excitation de la course à travers les stands pour récupérer les jeux précieux (Nations, The Capitals, Patchistory), j’ai eu un peu de mal à me concentrer sur les explications des règles à travers l’accent du démonstrateur. Le jeu n’a donc pas  été testé dans les meilleurs conditions. On est en présence d’un jeu de déduction avec un peu de prise de risque (le premier à proposer une solution gagne plus de points). Pas désagréable mais pas indispensable non plus.


L’avis de Doudou : Un petit jeu de déduction testé un peu à l’arrache. Malgré de jolies illustrations et deux niveaux de difficultés (le deuxième, non testé, laissant un peu plus d’incertitude aux autres joueurs), je le classerais dans la catégorie « bien mais pas top ». A re-tester dans une ambiance plus adéquate et avec plus de joueurs pour me faire une idée plus précise mais je ne pense pas le compter un jour dans la ludothèque.

 

8 Masters’ revenge
un jeu de  Ludovic Roudy Bruno Sautter illustré par Ludovic Roudy et publié par Serious Poulp

Après le brillant Steam torpedo, les éditions Serious Poulp proposent aux joueurs d’incarner un grand maître des arts martiaux qui affronte, dans un combat sans pitié, le seul adversaire à l’avoir un jour battu.
8 Masters’ revenge
est un jeu de cartes tactique pour 1 à 4 joueurs (jouable surtout à 2 en 1v1 ou à 4 en 2v2) dans lequel les joueurs s’affrontent à base de combinaisons de cartes.

L’avis de Martin : Très exigeant et dépourvu de hasard, Steam Torpedo était déjà une réussite qui m’avait séduit à sa sortie. Si j’y ai joué finalement assez peu, c’est surtout qu’il n’est pas simple de trouver deux joueurs  à la fois amateurs de jeux tactiques et de niveaux comparables (généralement, nous sommes plus que deux). 8 Master’s revenge s’adresse au même public avec un mécanisme cependant un peu plus accessible construit autour de règles simples. Cette fois-ci, pas de tuiles visibles dès le début du jeu mais un deck de cartes que l’on joue en opposition à celles de son adversaire. Si le tirage des cartes amène plus de hasard que dans Steam torpedo, le jeu m’a semblé également plus léger et plus dynamique.
Cette partie découverte a été très agréable et nous sommes trois à avoir finalement acheté le jeu.
Accessoirement, l’accueil de l’équipe de Serious Poulp était très sympathique, ce qui ne gâche rien.

 L’avis de jub : J’avais lu la description des 8 Master’s revenge avant de venir sur le salon, j’avais songé à Brawl et ça m’avait beaucoup étonné de la part des auteurs de Steam Torpedo. Après une explication, deux parties de test sur le stand et une partie le soir à l’hôtel, on peut être rassuré de ce côté là : le poulpe n’a pas fini de nous faire des nœuds dans le cerveau avec ses tentacules ! Les 8 personnages avec chacun leur technique différente permettent de varier le plaisir et le jeu à 4 demande un peu de synchronisation pour lancer de belles combos.

 L’avis de Doudou : Dès la première partie j’ai tout de suite accroché à ce jeu comme je l’avais fait avec Steam Torpedo, bien que les poulpes sérieux aient radicalement changé d’ambiance. Sûrement plus facile d’accès car les mécanismes sont plus simples (sans être simplistes), j’aime tout particulièrement l’utilisation faite des cartes et de leur position respective pour définir sa valeur d’attaque et de défense. Testé et apprécié pour le moment à 2 joueurs ou à 4 en deux contre deux. À voir ce que donne les deux autres config’.

 

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Luchador!
un jeu de Mark Rivera et publié par Backspindle Games Ltd.

Luchador est un jeu de lutte mexicaine pour 2 joueurs ou 2 équipes de 2 à base de yams et de combinaisons de dés.

L’avis de Martin : Voici un jeu au thème original et amusant que j’avais vraiment envie d’aimer. Malheureusement, passé l’effet de surprise et le plaisir de frapper dans la main de mon partenaire de jeu pour lui passer le relais (le meilleur mécanisme du jeu), il a bien fallu me rendre à l’évidence : il n’y a pas grand chose d’excitant dans Luchador ! Pratiquement tous les choix de jeu s’imposent d’eux mêmes et j’avais davantage l’impression d’assister à la partie que d’y jouer un véritable rôle. À côté de Luchador !, King of tokyo paraît un grand jeu de stratégie. Une grosse déception. C’est dommage : j’avais vraiment envie de l’aimer.

 L’avis de jub : Combats de catcheurs mexicains ! avec des dés ! Ça devait être génial ! Au final, on s’est plus amusés pendant l’explication des règles que pendant le jeu. Pourtant on y a mis du cœur et de l’enthousiasme mais  le jeu ne propose rien que des lancers de dés. De plus les catcheurs ont tous des noms à faire rêver, des looks improbables et des techniques spéciales avec des descriptions très détaillées mais aucun mécanisme pour les différencier. Le prix est à la hauteur de la déception.

 L’avis de Doudou : Un thème prometteur qui s’avère être une grande déception… On n’a au final que très peu de choix à faire (2 attaques normales ou 1 attaque spéciale ? Je continue le combat ou je passe la main à mon partenaire ?) ce qui rend les différents round très (trop ?) semblables. Pourtant tout n’est pas à jeter et je pense que différencier les différents personnages par des compétences/traits/caractéristiques différentes pourraient suffire à rendre le jeu aussi fun que son nom et sa pochette le laisse présager.

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Sur le stand Days of wonder, l'un des plus beaux du salon, les figurines tirées de Smallworld faisaient très envie. Magnifique mais vendues 75 euros. Ça les valait, mais on a estimé qu'on n'avait pas les moyens de nous les offrir et nous sommes restés sages... pour le moment.

Concept
un jeu de Gaëtan Beaujannot et Alain Rivollet publié par Repos prod.

Après une journée de vadrouille sur le salon, nous rentrons à l’hôtel pour jouer aux jeux fraîchement achetés. Le premier jeu de la soirée est Concept, un jeu où l’on tente de faire découvrir des mots, des idées, des objets à partir d’association d’icônes. On y reviendra peut-être plus en détail dans un article spécifique.

L’avis de Martin : Le moins que l’on puisse dire est que Concept est un jeu original. Les joueurs s’affrontent par équipe pour tenter de faire découvrir des notions ou des expressions difficiles à partir d’images basiques. Au début, la mission paraît souvent impossible, puis les idées viennent et quand un joueur parvient enfin à découvrir la bonne réponse tous se félicitent comme dans un jeu coopératif. Les notions de score et d’affrontement sont donc très secondaire : le but du jeu est surtout de passer un bon moment et sur ce plan, c’est très réussi.

 L’avis de jub : Très bonne surprise que ce Concept. Certes on est en présence d’un de ces jeux où on ne sait pas vraiment si on doit les classer dans les jeux ou pas mais la sauce prend très bien et on s’amuse, on se creuse la cervelle et on traite les autres de tous les noms quand ils essaient de nous faire deviner Rox et Rouky sans succès pendant 10 minutes (alors qu’on peut faire trouver le Manneken-Pis en 5 secondes). Et quant à ceux qui vous disent que compter les points ne sert à rien, c’est qu’ils ont perdu !

 L’avis de Doudou : Concept est un jeu au concept (hi hi hi) très intéressant. A classer dans cette catégorie de jeux pouvant réunir « gros » joueurs, joueurs classiques, débutants voire même pas-joueurs du tout. Dès les premiers tours passés, l’utilisation des icônes devient très intuitive et l’on peut ainsi se permettre des cheminements logiques plus alambiqués (que certains n’hésiteront pas à qualifier de stupides). On peut tout à fait jouer sans compter les points mais il est, à l’inverse, également possible d’imaginer un système d’enchères inversées pour se limiter en nombre de notions utilisées.

 

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Quantum
un jeu d’Eric Zimmerman illustré par Georges Bouchelaghem et Kieran Yanner et édité par Funforge

Dans Quantum, chaque joueur tente de coloniser 5 planètes à l’aide de leurs vaisseaux spatiaux. Originalité du jeu : les vaisseaux sont représentés par des dés que l’on lance au début du jeu. Si la face 1 apparaît, le vaisseau avance très lentement mais s’avère redoutable au combat, si c’est la face 6, à l’inverse, il sera rapide mais fragile.

L’avis de Martin : C’était ma troisième partie de Quantum que mes camarades de jeux découvraient. Ce jeu de conquête à base de dés (et donc, forcément, un peu d’aléatoire) ne laisse personne indifférent : certains adorent l’originalité du mécanisme qui impliquent de devoir s’adapter et de jouer en fonction des réussites et des échecs de chacun. D’autres détestent se sentir lésés « à cause » d’un lancer de dé raté et de l’impression de manque de contrôle qui en découle. Je fais plutôt partie des premiers d’autant plus que Quantum est un jeu rapide et dynamique. Évidemment, il y a une bonne part de hasard et il faut savoir s’adapter aux situations que le jeu impose. C’est justement, à mon goût l’intérêt de ce jeu de dés très original.

 L’avis de jub : Bonne impression pour ma première partie de Quantum. C’est d’un jeu d’opportunisme qui se joue rapidement, pas la peine d’en attendre la profondeur d’un TI3. Mais dans son créneau il remplit très bien son rôle et m’a semblé offrir du choix dans ses actions et ses déplacements à chaque tour. A ressortir donc rapidement. Il m’a rappelé Cyclades pour son côté « il faut surveiller ses adversaires à tout moment car la victoire peut être volée en un coup », un style qui ne plait pas à tout le monde. Le matériel, la boîte, les illustrations, les plateaux : tout est très soigné comme on peut l’attendre de la part de Funforge.

 L’avis de Doudou :  Ce qui m’a frappé dès l’installation du jeu c’est la qualité du matériel de Quantum. Cette bonne impression s’est maintenue sur toute la partie. Il y a certes des dés mais ce n’est pas un jeu uniquement basé sur le hasard avec les relances possibles ou l’utilisation des cartes. Les mécanismes efficaces, les opportunités multiples à saisir très vite et le système de combat qui privilégie l’attaque face à une attitude passive en font un jeu dynamique et pas trop long promettant une bonne rejouabilité.

 

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Une famille de joueurs comme on en croise beaucoup sur le salon.

 

Pour bien terminer la soirée, nous avons enchaîné des parties de trois jeux qu’on adore : Koryo (dont on a déjà parlé), et Twin tin bots (dont on a déjà parlé également) et de Crazy time (dont on vous reparlera prochainement).
Puis, nous nous sommes endormis du sommeil du brave en serrant nos jeux dans nos bras.

Lire le compte-rendu du jour 2