Essen 2013 : jour 3

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Collectif

Un article rédigé à plusieurs mains par les rédacteurs du blog.

Dernier chapitre de notre voyage à Essen, voici le compte rendu de notre journée du samedi. Vous pouvez relire la note du jeudi à cette adresse et celle du vendredi ici.

 

Ugo
un jeu de Ronald Hoekstra, Thomas Jansen et Patrick Zuidhof, illustré par Franz Vohwinkel et édité par Playthisone

Ugo est l’un des petits jeux familiaux qui a le plus fait parler de lui lors du salon d’Essen. C’est une variante du traditionnel jeu de pli dans lequel seule la dernière carte ramassée de chaque couleur est comptée.

L’avis de Martin : J’ai toujours bien aimé les jeux de plis même s’il est de plus en plus difficile de trouver des joueurs qui se satisfont d’un jeu basé sur un simple paquet de cartes. On y trouve quelques uns de mes ingrédients ludiques préférés : le bluff, la stratégie et bien sûr la possibilité d’analyser et de piéger ses adversaires. Ugo regroupe toutes ces qualités en ajoutant une petite originalité mécanique qui implique de nouvelles stratégies et, semble-t-il, la possibilité de jouer et de gagner même avec des mauvaises pioches.

 

L’avis de jub : Acheté uniquement pour son buzz au classement fairplay et parce qu’il était à 10 euros. Au final, rien d’exceptionnel pour ce petit jeu de plis couplé avec un plateau pour poser les cartes remportées. Agréable si on aime les jeux de plis et si on aime pourrir ses adversaires.

 

L’avis de Doudou : Un jeu de plis qui n’est pas sans me rappeler Die Sieben Siegel (sans toutefois permettre de jouer un rôle différent des autres). Des règles simples, des parties rapides, un peu de stratégie quand même et surtout la possibilité de bien planter ses adversaires soit en leur donnant une couleur qu’ils ne voulaient pas, soit en diminuant grandement la valeur d’une carte qu’ils ont. Je ne jouerais pas qu’à ça toute une soirée, mais je le classe bien volontiers dans la catégorie des bons petits jeux.

 

6ème : Je n’ai pas pensé à noter le nom de cet éditeur qui proposait des étagères de traviole. On aime : la variété des couleurs, le bois, l’originalité, c’est presque un sans faute ! On n’aime pas : ils n’ont visiblement pas réussi à faire rentrer leurs boîtes de jeux de société et du coup, ils ont mis des trucs en bois à la place. Quelle déception !

 

Speed cups
Un jeu d’Haim Shafir illustré par Yaniv Shimoni et Barbara Spelger et édité par Amigo

Speed cups est un petit jeu de rapidité dans lequel les joueurs doivent aligner ou empiler le plus rapidement possible des gobelets en respectant une carte consigne.

L’avis de Martin : Haim Saifir est le spécialiste des jeux d’ambiance et de rapidité chez Amigo. Speed Cups est de la même veine qu’Halli Galli et Trifouillis. Simple, rapide, agréable, ce n’est pas le jeu du siècle, mais ça fonctionne et c’est rigolo. J’imagine qu’il paraîtra bientôt, en français, chez Gigamic.

L’avis de jub : Petit jeu d’observation et de rapidité. Nous l’avons testé dans des conditions d’excitation qui ont fait fuir la démonstratrice. Les illustrations des cartes sont très simples mais présentent des thèmes différents et des dispositions assez déroutantes pour laisser perplexe pendant une fraction de seconde (ce qui est suffisant pour faire décider de la victoire).

L’avis de Doudou : Un petit jeu combinant observation, rapidité et un soupçon de dextérité dans sa version de base. Passés les premiers tours, nous avons préféré jouer avec notre propre variante dans laquelle il faut ajouter une difficulté supplémentaire : il est possible d’intervenir directement sur la carte consigne (comme la cacher) ou sur les gobelets des adversaires (comme les prendre ou les jeter au sol). Dans les deux cas, il s’agit d’un jeu simple, très facile d’accès, rapide et fun.

 

5ème : Chez l’éditeur allemand Lookout Games le rangement est… particulier. On voit bien que l’Allemagne est en crise. On n’aime pas : les palettes entassées, les cartons, la bâche verte. On aime : Peut-être le jeu, même si on n’y a pas encore joué.

 

The capitals
Un jeu de Thiago Boaventura illustré par Michael Christopher et édité par Mercury games

Un an après Suburbia, le brésilien Thiago Boaventura offre une nouvelle variation de jeu de développement urbain à base de tuiles.

L’avis de Martin : J’ai beaucoup joué, depuis l’an dernier à Suburbia et j’étais très curieux de découvrir ce nouveau jeu de ville annoncé comme plus profond et complexe. Sur ce plan-là, il ne m’a pas déçu : après un mauvais démarrage, je n’ai jamais réussi à revenir dans la partie et à équilibrer mon économie. Visiblement le jeu ne pardonne pas l’erreur et comme les mécaniques ne sont pas forcément intuitifs, il faut sans doute plus d’une partie pour bien appréhender son fonctionnement. Il faudra le rejouer à tête reposée pour vérifier sa profondeur et sa richesse stratégique.

  L’avis de jub : Une première partie pour découvrir les mécanismes de ce jeu qui vient se positionner du côté de chez Suburbia. Pas facile d’apprivoiser la bête car si les mécanismes sont simples, il n’est pas aisé de voir comment monter intelligemment ses ressources, son progrès, sa population, son attractivité, son taux d’emploi, ses services publics. On retrouve un peu les sensations de Prosperity, de la même cuvée Essen 2013, pour le côté « je pose une tuile qui me fait perdre d’un côté ce que je gagne de l’autre ». Très bonne impression en tout cas et surtout il ne fait pas doublon avec Suburbia (l’un des jeux d’Essen 2012 qui est le plus sorti cette année). Je pense que nous lui réserverons un article détaillé sous peu quand il sera ressorti pour quelques parties supplémentaires.

L’avis de Doudou : Je comparerais ce jeu à Suburbia et Prosperity. On retrouve l’importance du placement du premier et les effets (actifs ou passifs) des cartes sur celles qui sont adjacentes. On retrouve du deuxième les impacts multiples de nos choix entre gains et pertes. Le jeu n’est pas tendre avec les erreurs et il ne faut pas espérer gagner en ne jouant que sur un seul tableau et en mettant totalement de côté les autres. Pour moi, ce qui fait la richesse de ce jeu c’est justement ses mécanismes et la manière dont ils sont reliés et dont ils influent les uns sur les autres. Mais une conséquence de cette richesse est qu’il ne faut pas espérer tout appréhender et maîtriser dès la première partie.

4ème : Chez l’éditeur Grecque Artipia, de belles étagères blanches accueillaient les jeux bien rangés et étiquetés lisiblement. On aime : simplicité, propreté, efficacité, c’est la rigueur grecque ! On aime moins : rien, on aime tout.

 

Eight-minute empire
Un jeu de Ryan Laukat illustré par Ryan Laukat et édité par plein de monde dont Iello

Eight-minute empire est un tout petit jeu de conquête dans lequel les joueurs achètent aux enchères une carte pour chacun de leurs 8 tours de jeu. Ce sont ces cartes qui désignent les actions qu’ils auront le droit de faire.

L’avis de Martin : Malgré sa durée, nous n’avons fait qu’une seule partie de Eight-minute empire. Les mécanismes, ultra-simples, fonctionnent parfaitement et le principe d’enchère sur les cartes action me plaît beaucoup. Il pourrait d’ailleurs trouver sa place dans de plus gros jeux.
Le défi original de proposer un petit jeu de conquête en 8 minutes me semble parfaitement réussi. Reste à voir si on aura envie de le sortir souvent et d’enchaîner les parties. Pour le moment, je suis plutôt convaincu.

  L’avis de jub : Après avoir découvert dans une petite ligne en italique en fin de livret à quoi servait les jetons marchandises nous avons pu tester ce qui était présenté comme un « 4X jouable en 8 minutes ». Si le côté 4X est un peu survendu, les 8 minutes sont bien présentes avec à chaque tour une enchère et l’achat d’une carte qui donnera une action et des points pour le décompte final. On a une somme d’argent pour toute la durée de la partie et aucun moyen d’en regagner ce qui rend les enchères tendues et le choix d’une carte toujours cornélien. Idéal pour commencer une soirée jeux en attendant un retardataire.

L’avis de Doudou : Je n’ai pas vraiment accroché à ce jeu après la première et seule partie que j’ai joué. Il a pourtant de quoi être intéressant par sa mécanique principale : chaque joueur a une quantité d’argent limitée pour toute la partie permettant de miser pour l’ordre d’achat et pour acquérir certaines cartes. Mais le plateau de jeu ne m’a pas séduit et l’heure avancée, le nombre de parties précédentes et la fatigue accumulée à Essen n’ont pas du aider. A retester donc, pour confirmer ou infirmer cette première impression.

 

3 ème : L’éditeur de Oss proposait un mur de jeu pour délimiter son stand. Astucieux, mais du coup, on hésitait un peu à les acheter. On aime : Le mur de jeu instable susceptible de tomber à tout moment. Très ludique. On aime moins : la nappe.

 

 

Eaten by zombies !
Un jeu de Max Holliday illustré par Max Holliday et John Huerta et édité par MayDay games

Eaten by zombies ! est un jeu de deckbuilding proposé par MayDay, le fabricant bien connu de protège-cartes.

 L’avis de Martin : J’ai acheté ce jeu à l’aveugle parce qu’il n’était pas cher et que j’aime bien les jeux de deckbuilding. Eaten by zombies ! m’a rappelé qu’il ne faut jamais acheter de jeu de deckbuilding à l’aveugle. Aucun choix, aucune stratégie, un tirage de monstre aléatoire qui a lui  seuldésigne le vainqueur … j’ai encore un petit espoir de trouver une règle mal comprise qui viendrait sauver le jeu car, tel que je l’ai compris, il ne présente strictement aucun intérêt.

    L’avis de jub : Le livret de règles très mal rédigé n’a pas aidé à apprécier ce jeu de deckbuilding avec des zombies. L’idée que les joueurs puissent être transformés en zombies pour ensuite pourrir les survivants est bonne idée mais dans les faits, on est passé d’un mode « on monte son deck tranquille » à un mode « impossible de faire quoi que ce soit : tout le monde est mort ».

 

L’avis de Doudou : Un jeu avec du potentiel : deckbuilding de zombies, le fait qu’un joueur puisse devenir et donc jouer zombie, une victoire coop possible et deux possibilités d’affrontement et d’achat (la fuite ou le combat). Mais malgré ses ingrédients alléchants, la soupe n’a pas pris chez moi. Je trouve au final que le tirage des zombies aux forces très différentes apporte beaucoup trop d’aléatoire face au montage de deck des joueurs.

2ème : L’an dernier, Pearl Game avait fini second de notre classement des plus beaux sacs, cette année, l’éditeur belge récidive grâce à sa tour-de-boîtes-de-Bruxelles-1893-pré-emballées-dans-des-sacs-en-tissu mais surtout grâce à la banane de Sébastien Dujardin. (Bon ok, c’est un peu hors sujet mais on aime bien quand Pearl Games finit second.)

 

Velociraptor ! Cannibalism !
Un jeu de J. R. Blackwell, Major Johnson, Bri Lance, Jennifer Rodgers, Daniel Solis, Jesse Whitworth et Andrew Wilson illustré par Jennifer Rodgers et édité par Game salute

Dans Velociraptor ! Cannibalism !, les joueurs contrôlent un vélociraptor et doivent capturer des proies, survivre à l’environnement, à leurs adversaires et surtout muter.

 L’avis de Martin : Le pitch (et le titre) de Velociraptor ! Cannibalism ! a de quoi faire rêver tout bon geek qui se respecte. Contrôler un dinosaure et le transformer en dino-mouton-tortue-ailée a suffit à nous attirer autour de la table. Une animatrice du stand a tenté de nous expliquer mollement le jeu avant de partir dire un truc à quelqu’un. Du coup, on s’est débrouillé pour lire la règle seuls. Je ne sais pas si ce sont les conditions moyennes de l’explication ou simplement le jeu qui est très mauvais mais nous n’avons rien trouvé d’enthousiasmant à ce jeu où le tirage des cartes décide de tout.

  L’avis de jub : On a l’impression que l’auteur a repris le tableau de dinosaure d’Evo et a été frustré par l’ergonomie des améliorations donc il a refait une centaine d’améliorations différentes avec des cartes qui s’assemblent parfaitement. Les vélociraptors sont donc très amusants à faire évoluer, il faut chasser pour se nourrir et plus le bestiau est évolué, plus il lui faudra de calories à chaque tour. De bonnes idées, des illustrations efficaces mais un manque de finition. On était presque tentés de le prendre pour refaire de vraies règles.

L’avis de Doudou : Encore une déception par rapport à ce qu’on espérait. Pourtant le concept et l’illustration de la boîte étaient tellement prometteurs… Quand on parcourt les cartes d’évolutions possibles, l’espérance fait place à de l’impatience de pouvoir placer tout et surtout n’importe quoi sur notre vélociraptor d’autant que le mien se nommait Reginald et avait un monocle (véridique !). Mais sitôt les règles lues, par nous-mêmes, et le premier tour commencé, on a très vite déchanté : le jeu s’avère être en fait creux… Très creux. Peut-être une V2 des règles ou une extension pourrait changer complètement la donne.

1er et grand gagnant du concours : l’éditeur Hans im gluck a accroché ses boîtes au mur sous la forme de chiffres. Un rangement pratique et astucieux que l’on a tous reproduit chez nous en rentrant.

 

Puzzle strike
Un jeu de David Sirlin illustré par Long Vo et édité par Sirlin games

Puzzle Strike est un jeu de deckbuilding avec des jetons adapté du jeu vidéo éponyme.

  L’avis de jub : Je suis un grand fan du jeu vidéo dont est inspiré Puzzle Strike. Ici, on est en présence d’un jeu de deckbuilding sauf qu’on joue avec des chips plutôt que des cartes et qu’on mélange tout dans un sac pour piocher. Le but est de remplir le tableau de l’adversaire avec des gemmes comme dans le jeu vidéo. Le moteur de pioche et d’achat est copié sur Dominion mais ce jeu ajoute le mécanisme de casser des gemmes dans son tableau pour les envoyer dans le tableau de l’adversaire. Parties rapides, tactiques et très agréables. La gestion du stress et la recherche de combos comme dans le jeu vidéo est très bien rendue (plus on a de gemmes dans son tableau, plus on pioche de chips en début de tour). Un genre de Dominion nerveux sous stéroïdes !

L’avis de Doudou : Ce n’était pas une nouveauté Essen mais ce jeu faisait de l’œil depuis quelques temps maintenant. Et il s’avère être largement à la hauteur de ce que j’espérais, réussissant même à faire ressentir certaines sensations de tension du jeu vidéo. Le nombre de personnages différents (chacun ayant trois jetons spécifiques) et le nombre de jetons disponibles (chaque partie en utilise 10 parmi les 24 que contient le jeu) promettent un bon nombre de parties à venir. Les règles sont très rapidement assimilées et on se rend compte que le « stress » de la partie monte très vite. On pourra enfin noter un système de rangement et de tris des jetons dans la boîte aussi pratique qu’efficace.

Trains and stations
Un jeu de Eric M. Lang  édité par Wizkids

L’auteur de Quarriors, le fameux jeu de deckbuilding avec des dés, revient avec un jeu de train… avec des dés.

 L’avis de Martin : Pendant l’explication des règles, on s’est dit « Waaaa, ça a l’air drôlement bien ». Un jeu de train basé sur un système Yams avec la possibilité de relancer autant de fois les dés qu’on dispose d’argent, la possibilité de construire des bâtiments dans les stations pour bénéficier de bonus même pendant le tour de ses adversaires, la possibilité de construire des rails à plusieurs… et puis, patatras, on y a joué.
Les stations ne servent pas à grand chose, il y a une face du dé « maudite » qui pénalise lourdement celui qui a la malchance de la tirer et surtout, j’ai eu le sentiment que pour gagner, il « suffit » de tirer le plus souvent possible la face locomotive. Grosse déception.

  L’avis de jub : Quand les Aventuriers du Rail rencontrent Quarriors (d’ailleurs l’auteur du jeu a également créé Quarriors). Très prometteur à l’écoute de l’explication des règles, mais soit nous sommes passés à côté d’une subtilité, soit le jeu est buggé. En effet, il semble que la technique d’aligner le plus de locomotives pour scorer rapidement des liaisons courtes supplante les autres stratégies (bâtiments + marchandises et liaisons longues). Le test nous a fait passé notre chemin alors qu’on était très tenté par l’achat. A noter que la démonstratrice m’a mis un gros vent quand j’ai fait des blagues sur une adaptation du jeu sur la carte de France…

L’avis de Doudou : Quand Quarriors rencontre les Aventuriers du Rail, on peut s’attendre à du bon. Après avoir manqué d’acheter le jeu à l’aveugle, une place libre nous a permis de tester Trains and Stations. Heureusement dirais-je. Pourtant même pendant l’explication des règles et durant les premiers tours, le jeu semblait à la hauteur de ce que l’on espérait. Des dés et des relances, des objectifs de villes à relier, des bâtiments à placer dans les gares, un système de majorité de ressources pour des points en fin de partie, … Mais au final, il semblerait que le mode no-brain consistant à ne réaliser que des petites liaisons tout seul sans utiliser les autres mécanismes assure une victoire systématique. Certaines cartes objectif permettant de scorer des ressources qui n’ont pas été encore débloquées ont fini par achever ce qui me restait de motivation à acheter le jeu. Dommage car cela semblait très prometteur sur le papier.

Ainsi s’achève notre périple dans le monde du jeu et de la saucisse.

Alors, bien sûr, il y a plein de jeux que nous avons acheté la bave aux lèvres mais dont on n’a pas pu vous parler tout simplement parce que nous n’y avons pas encore joué. Nations, Hegemonic, Brüges, Caverna, La route du verre, Amerigo, Russian Railroads, Bruxelles 1830, Lewis and Clarke, Patchistory,  les extensions de Tzolk’in, de Suburbia, de Keyflowers, de Ginkgopolis, de Spartacus… Ils seront au programme de nos prochaines soirées jeux et donc des prochaines notes du blog.