Lors des réunions du jury du festival des jeux de Cannes auquel je participe, nous avions évoqué Kingdom Builder pour la sélection de l’édition 2012.
Après une première partie plutôt agréable avec les membres du jury, je me suis dépêché de me le procurer pour le faire tourner dans mon cercle de joueurs. La sauce n’a jamais vraiment prise lors les 4 parties d’initiation que j’ai lancées, à chaque fois avec des personnes différentes. Et comme en plus la règle française est particulièrement mal traduite, j’ai plutôt milité pour que le jeu ne figure pas dans cette sélection.
Kingdom Builder vient pourtant d’enlever le prix le plus convoité du milieu ludique : le fameux Spiel des Jahres allemand. Je dois donc reconnaître que je suis sans doute passé un petit peu à côté du potentiel de ce jeu et qu’il mérite que l’on s’y attarde.

Le plateau, très coloré, avec des petites maisons à placer dans des hexagones, ne plaît pas à tout le monde. Moi, j'aime bien.
Kingdoms Builder est un jeu très simple qui s’explique en 3 minutes : chacun dispose de petites maisons à sa couleur. À son tour de jeu, un joueur tire une carte « terrain » qui lui permet de poser 3 maisons dans 3 hexagones de même type (herbe, canyon, désert, fleurs et forêt). Si c’est possible, il doit les poser à côté d’une maison lui appartenant posée lors d’un tour précédent. Et s’en est déjà tout des règles de base !
S’ajoute à cela des règles spéciales qui peuvent être différentes à chaque partie : quand un joueur parvient à poser une maison à côté d’un « lieu remarquable », il y en a 4 différents sur le plateau, il peut bénéficier à chaque tour d’une action supplémentaire. Cette action lui permet de poser une maison supplémentaire selon des critères spécifiques et différents de la carte terrain tirée au sort. L’un des buts du jeu est donc d’obtenir le plus possible de ces actions supplémentaires pour ne pas trop subir le hasard des cartes.
Et comment gagne-t-on ? Si placer une maison à côté d’un château rapporte toujours 3 points, pour le reste, cela change également selon les parties : au début du jeu, 3 cartes tirées au sort vont indiquer différentes manières de marquer des points. Parfois, il faudra tenter de poser ses maisons au bord de l’eau pour scorer davantage, parfois en ligne horizontale…
Très accessible, Kingdom Builder n’est pas simpliste pour autant : il n’est pas évident de « bien jouer » dès la première partie. Il y a peu d’interaction entre les joueurs et peu de possibilité de se rattraper en cas de mauvais départ. C’est sans doute ce qui amène beaucoup de joueurs débutants, qui se sont sentis victimes du hasard durant leur première partie, parfois à tort, à trouver le jeu sans intérêt.
On se surprend, au bout de 3 ou 4 parties, à calculer davantage avant de jouer.
Bien entendu, le tirage des cartes joue un rôle important et je ne conseillerai pas Kingdom Builder aux amateurs de jeux de gestions allergiques au hasard.

La première extension, Nomads, vient de paraître. Elle apporte du matériel pour un 5ème joueur, de nouvelles actions spéciales, bien pensées, et de nouvelles cartes.
Elle apporte également encore plus d’aléatoire, ou de surprise selon qu’on l’apprécie ou pas, avec des « nomades » dissimulés sur le plateau qui sont autant d’actions spéciales à usage unique dont on ne prend connaissance qu’en les récupérant.
Il s’agit plutôt d’une « bonne » extension qui renouvelle le jeu même si le conditionnement dans une grosse boîte, et le prix qui va avec, peuvent sembler un peu excessif.
Kingdom Builder
Un jeu de Donald X. Vaccarino
Publié par Queen games
2 à 4 joueurs
pour des parties de 45 minutes
à partir de 8 ans
Acheter le jeu chez Philibert
Nomads
Un jeu de Donald X. Vaccarino
Publié par Queen Games
2 à 5 joueurs
pour des parties de 45 minutes
à partir de 8 ans
Acheter l’extension chez Philibert


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J’aime beaucoup ce site !
Et Dominion, il apparaîtra quand dans la sélection du Dimanche ?
J’en parlerai éventuellement à l’occasion de la sortie de la prochaine extension car c’est un jeu que j’aime beaucoup. Mais sinon, je privilégie plutôt les nouveautés.
Aaah, j’étais sûr que le Professeur Patashima avait bon gout ! ^^
Bonjour,
est-ce qu’une fois qu’on a joué à Carcassonne, à Through the Desert, n’a-t-on pas joué à tous ces jeux de placement ?
J’ai le sentiment que Kingdom Builder reste très peu novateur et n’est qu’une n-ième version de Carcassonne…
Bonjour,
Il y a une vraie parenté entre Kingdoms Builder et Through the desert. Dans Through the desert il y a cependant beaucoup plus d’interaction entre les joueurs : comme les règles pour scorer ne changent pas, on lutte pour occuper les meilleurs espaces du plateau.
Kingdom builder a un petit côté casse-tête avec des règles changeantes pour lesquelles la stratégie à développer n’est jamais la même. Il y a beaucoup moins d’affrontement entre les joueurs : chacun tente de résoudre au mieux son problème.
Carcassonne est un jeu de tuile assez différent des deux précédents et auquel, à titre personnel, je n’ai jamais vraiment accroché.
Mon jeu préféré des 3 reste Through the desert.
Bonjour,
Si vous recherchez un jeu de placement/pose de tuile vraiment novateur, je ne peux que vous conseiller de foncer sur la nouvelle (et magnifique) édition de Tigre et Euphrate parue au Matagot. Ce jeu est un peu plus exigeant que les jeux que vous citez (enfin au départ, une fois les règles assimilées c’est réellement fluide), mais il vous émerveillera par sa profondeur.
Tigre et Euphrate est effectivement l’un des tous meilleurs Knizia (auteur également de Through the desert dont on parlait juste au dessus). Par contre, il n’y a plus du tout de rapport avec Kingdom Builder
Bonjour,
Votre description me fait penser à une simplification de Taluva, excellent jeu de chez Hans im Glück (meilleur que Carcassonne).
Je pense que c’est juste une impression : Taluva est assez différent (et effectivement bien meilleur que Carcassonne
).