Kingdom builder, Spiel des jahres 2012

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Martin

Martin Vidberg est dessinateur, cultivateur et interprète du blog l'Actu en patates dont la sélection du dimanche est à l'origine une rubrique.

Lors des réunions du jury du festival des jeux de Cannes auquel je participe, nous avions évoqué Kingdom Builder pour la sélection de l’édition 2012.
Après une première partie plutôt agréable avec les membres du jury, je me suis dépêché de me le procurer pour le faire tourner dans mon cercle de joueurs. La sauce n’a jamais vraiment prise lors les 4 parties d’initiation que j’ai lancées, à chaque fois avec des personnes différentes. Et comme en plus la règle française est particulièrement mal traduite, j’ai plutôt milité pour que le jeu ne figure pas dans cette sélection.

Kingdom Builder vient pourtant d’enlever le prix le plus convoité du milieu ludique : le fameux Spiel des Jahres allemand. Je dois donc reconnaître que je suis sans doute passé un petit peu à côté du potentiel de ce jeu et qu’il mérite que l’on s’y attarde.

Le plateau, très coloré, avec des petites maisons à placer dans des hexagones, ne plaît pas à tout le monde. Moi, j'aime bien.


Kingdoms Builder
est un jeu très simple qui s’explique en 3 minutes : chacun dispose de petites maisons à sa couleur. À son tour de jeu, un joueur tire une carte « terrain » qui lui permet de poser 3 maisons dans 3 hexagones de même type (herbe, canyon, désert, fleurs et forêt). Si c’est possible, il doit les poser à côté d’une maison lui appartenant posée lors d’un tour précédent. Et s’en est déjà tout des règles de base !

S’ajoute à cela des règles spéciales qui peuvent être différentes à chaque partie : quand un joueur parvient à poser une maison à côté d’un « lieu remarquable », il y en a 4 différents sur le plateau, il peut bénéficier à chaque tour d’une action supplémentaire. Cette action lui permet de poser une maison supplémentaire selon des critères spécifiques et différents de la carte terrain tirée au sort. L’un des buts du jeu est donc d’obtenir le plus possible de ces actions supplémentaires pour ne pas trop subir le hasard des cartes.

Et comment gagne-t-on ? Si placer une maison à côté d’un château rapporte toujours 3 points, pour le reste, cela change également selon les parties : au début du jeu, 3 cartes tirées au sort vont indiquer différentes manières de marquer des points. Parfois, il faudra tenter de poser ses maisons au bord de l’eau pour scorer davantage, parfois en ligne horizontale…

Le plateau en cours de partie

 

Très accessible, Kingdom Builder n’est pas simpliste pour autant : il n’est pas évident de « bien jouer » dès la première partie. Il y a peu d’interaction entre les joueurs et peu de possibilité de se rattraper en cas de mauvais départ. C’est sans doute ce qui amène beaucoup de joueurs débutants, qui se sont sentis victimes du hasard durant leur première partie, parfois à tort, à trouver le jeu sans intérêt.
On se surprend, au bout de 3 ou 4 parties, à calculer davantage avant de jouer.
Bien entendu, le tirage des cartes joue un rôle important et je ne conseillerai pas Kingdom Builder aux amateurs de jeux de gestions allergiques au hasard.


La première extension, Nomads, vient de paraître. Elle apporte du matériel pour un 5ème joueur, de nouvelles actions spéciales, bien pensées, et de nouvelles cartes.
Elle apporte également encore plus d’aléatoire, ou de surprise selon qu’on l’apprécie ou pas, avec des « nomades » dissimulés sur le plateau qui sont autant d’actions spéciales à usage unique dont on ne prend connaissance qu’en les récupérant.
Il s’agit plutôt d’une « bonne » extension qui renouvelle le jeu même si le conditionnement dans une grosse boîte, et le prix qui va avec, peuvent sembler un peu excessif.

Kingdom Builder
Un jeu de Donald X. Vaccarino
Publié par Queen games
2 à 4 joueurs
pour des parties de 45 minutes
à partir de 8 ans
Acheter le jeu chez Philibert

 

Nomads
Un jeu de Donald X. Vaccarino
Publié par Queen Games
2 à 5 joueurs
pour des parties de 45 minutes
à partir de 8 ans
Acheter l’extension chez Philibert