Krosmaster Arena

avatar

Jub

Maître Jub est expert en jeu de société, spécialisé dans le "plus c'est long, plus c'est compliqué, plus c'est bon".

On entend souvent dire qu’il faut faire des enfants car ce sont eux qui paieront nos retraites.
C’est faux !
Il faut faire des enfants car ils servent d’alibi pour acheter les jeux qu’on hésite à acheter pour nous !

 

Pour l’occasion Krosmaster Arena est un excellent exemple :

  • des figurines dans un style kawai, chibi, <insérez ici un terme japonais pour faire jeune> très prononcé avec des grosses têtes et des gros yeux
  • un univers hérité du MEUPORG Dofus et du dessin animé Wakfu
  • des figurines vendues en booster scellé comme les cartes Pokemon (avec la possibilité d’empiler les doubles)

Yugo, le personnage principal du dessin animé Wakfu a sa figurine. De plus, si elle est sale, la figurine de Yugo se lave.

Mais alors qu’est-ce qui peut pousser un amateur de jeux de plateaux à s’intéresser à cette friandise pastelle ?

Le matériel :
Ce qui fait la force de Krosmaster Arena mais pourra tout aussi bien le desservir auprès de certains joueurs, ce sont les figurines. Leur style est assumé et ne fera pas l’unanimité ; mais dans leur genre, elles sont magnifiques, fournies peintes et donc prêtes à l’emploi. Le reste du matériel de la boîte est également de bonne qualité avec des jetons, des pions, des marqueurs et des décors cartons en 3D pour agrémenter le plateau de jeu (attention aux coffres, un peu de patafix ou un point de colle est nécessaire pour les rendre solides). Là encore, on sort le matos et on peut jouer dans la foulée. Les anciens joueurs de figurines qui n’ont plus le temps de passer des heures en peinture et bricolage apprécieront.

Les 8 figurines de la boîte de base

 

Le jeu :
Ce qui revient le plus souvent comme comparaison pour K.A., ce n’est pas un jeu de plateau ou de figurines… mais un jeu vidéo. En effet, les sensations sont assez proches de Final Fantasy Tactics avec plusieurs personnages à faire évoluer sur le plateau, la gestion des déplacement, des lignes de vue, des attaques et des soins.

Le but de Krosmaster est simple : prendre tous les points de victoire de l’adversaire (les « G.G. » pour Galons de Gloire). Chaque joueur commence la partie avec 6 points. Le moyen le plus simple d’en voler à l’adversaire est de mettre KO ses personnages pour ainsi gagner autant de points que la valeur du personnage (1 à 6).

Le jeu fonctionne sur le principe du IGoUGo, c’est à dire qu’un joueur va activer toutes ses figurines, puis ce sera à son adversaire de faire de même et ainsi de suite. Les figurines d’un joueur agissent toujours dans le même ordre, dicté par leur score d’initiative. Quand une figurine joue, elle a à sa disposition des points de mouvements (PM – pour se déplacer d’une case) et des points d’action (PA – pour ramasser des pièces, dépenser les pièces accumulées et lancer des sorts). Libre à elle de les utiliser comme elle le souhaite : avancer d’une case, ramasser une pièce, reculer d’une case, lancer une attaque, reculer d’une case, utiliser un objet, etc… tant qu’elle ne dépense pas plus que les points à sa disposition.

Le matériel de jeu. Source : www.krosmaster.com

Ainsi présenté, le jeu pourrait se résumer à avancer ses figurines à portée de celles de son adversaire et lancer des attaques dont le succès sera déterminé par les dés, mais Krosmaster Arena se révèle beaucoup plus tactique que son look enfantin pourrait le laisser présager :

  • Influence de la chance : si les dés sont présents pour la résolution des attaques, ils servent à ajuster les résultats car à la base, les dégats des sorts sont fixes et les attaques réussissent toujours. Dans le cas le plus fréquent, un sort de base inflige 1 dégât qui pourra être augmenté de 1 par le résultat du jet de l’attaquant (coup critique) et réduit de 1 par le résultat du jet du défenseur (encaissement). Un sort qui inflige une base de 5 dégâts pourra ainsi faire 4 à 6 dégâts suivant les résultats. Si on compare avec l’intervention de la chance dans… disons… Roads&Boats, c’est colossal. Mais si on compare avec les standards des jeux de figurines (Warmachine, Confrontation, Spartan Games, Warhammer, BloodBowl…), on est bien plus maître de son destin.
  • Synergies entre personnages : le choix de son équipe de personnages est prépondérant dans Krosmaster Arena. Plus encore que dans d’autres jeux, les personnages pourront voir leur efficacité exploser s’ils sont soutenus par un autre personnage. Le fait qu’un joueur joue toutes ses figurines à la suite, et toujours dans le même ordre permet de plus de mettre en place ces stratégies d’équipe avec certitude sans devoir espérer des conditions exceptionnelles.

Deux personnages qui se feront une joie de travailler ensemble à pousser un ennemi dans un Piège Mortel. Au passage on admirera le choix des noms des personnages.

  • Renouvellement des parties : avec un pool de plus d’une quarantaine de personnages différents, il est possible de constituer un nombre d’équipes astronomiques. A noter que la boîte de base ne contient que des personnages à 3 points (8 personnages pour constituer 2 équipes à 12 points). Par contre, les personnages supplémentaires ont des valeurs variant entre 1 et 6 points, permettant de réaliser des équipes encore plus variées. On pourra ainsi faire des équipes misant sur le tir à distance, sur l’invocation de familiers, sur la pose de bombes, sur 2 gros personnages solides ou sur une multitude de petits personnages peu chers et sacrifiables. Particpent également au renouvellement des parties un système d’objets/sorts/boosts achetables avec les pièces ramassées par les personnages et qui permet de rajouter encore plus de choix stratégiques au cours de la partie.

Sans faute ?
Krosmaster Arena est un excellent jeu tactique. Ses règles sont simples, claires et facilement assimilables grâce à un livret présentant le jeu progressivement sous forme de tutoriel inspiré des jeux vidéos. Il permet des parties très tactiques entre joueurs chevronnés mais passionne également les jeunes joueurs (qui vous harcèleront pour jouer tous les jours).

Toutefois, si le jeu est à acclamer, les à-cotés pourront rebuter certains.

Tout d’abord, il y a ce système de vente de figurines en boosters, où on ne sait pas ce qu’on achète et où on peut se retrouver à empiler les figurines en double. À noter qu’il est maintenant possible de trouver les figurines de la version américaine, vendues en boîtes de 4 figurines identifiées !

Il ne restera plus qu'à imprimer les cartes en français.

Par contre, pour il n’y pour l’instant pas de parade au système de promos et exclusivités, dont est très friand Ankama, qui risque de déplaire à certains joueurs.
Adepte du « cross-média », Ankama distribue de nombreux éléments du jeu (figurines spéciales, décors en 3D, figurines pour remplacer les jetons des invocations) hors du circuit de vente en boutique : promotions avec Flunch, lots sur les tournois, distributions lors d’événements Ankama, distribution dans d’autres produits (comme dans le coffret DVD de Wakfu par exemple). Si cet aspect est accepté et apprécié des fans Ankama de la première heure, il aura beaucoup plus de mal à passer auprès des joueurs de plateaux traditionnels qui sont déjà adeptes des pétitions pour réclamer des cartes promo qui auraient été distribuée à Essen.

Les figurines c'est quand même plus classe que les pions en carton !

 

Krosmaster Arena est également jouable en ligne et gratuitement. Pour essayer, c’est à cette adresse. Par contre, il est nécessaire d’avoir lu les règles du jeu avant de se lancer car les tours de jeu sont en temps limité.

Krosmaster Arena
Un jeu de Jérôme Peschard et de plein de gens d’Ankama
Publié par Ankama
Illustré par Edouard Guiton, Gray Shuko et d’autres
Pour 2 joueurs
Pour des parties d’environ 45 minutes
Acheter le jeu chez Philibert