Les jeux nominés du festival de Cannes 2012

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Professeur Patashima

Le professeur Patashima est expert en tout et notamment en explication de règles de jeux de société. Il ne donne que rarement son avis, c'est avant tout un scientifique qui se place au-delà des impressions personnelles toujours subjectives.


Je vous avais parlé de Cubulus dans la note du 2 octobre, d’Olympos en juillet et de Fame us en juillet. Vous pouvez retrouver les chroniques en cliquant sur les liens.

 

13710_1.1300656818.jpg Dans King of Tokyo, les joueurs incarnent des monstres dont le loisir principal est donc de détruire, à tour de rôle, la ville de Tokyo représentée en flamme sur le plateau de jeu.

L’auteur s’est inspiré du célèbre yams, dont le principe est de réaliser des combinaisons en lançant des dés. À la place des fulls, des brelans ou des suites, les lancers de dés permettent d’infliger des blessures à ses adversaires, de marquer des points de victoires et d’acheter des pouvoirs spéciaux.

On est loin des jeux de stratégie, King of Tokyo fonctionne essentiellement sur le principe du « stop ou encore » : le joueur qui attaque Tokyo marque rapidement des points de victoires mais devient la cible des autres monstres et risque donc de perdre très rapidement ses précieux points de vie.
Habituellement, je suis plutôt amateur de jeu un peu plus stratégique mais je dois reconnaître que malgré ce mauvais timing de sortie, King of tokyo est plutôt un bon jeu et que l’on ne s’ennuie pas du tout autour de la table.

Sauf report, le jeux sera disponible à la fin du mois dans les boutiques.
Voir la fiche du jeu sur le site de l’éditeur

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 Sandwich, un jeu de Christophe Raimbault, éditions Le joueur

La petite boîte comporte 56 cartes illustrant chacune un aliment pouvant trouver sa place dans un sandwich. Après une phase d’échange, chaque joueur doit composer 3 recettes à partir des 9 aliments qu’il a récupérés. Il doit les distribuer ensuite à ses 3 joueurs de gauche en tentant de se souvenir de leurs préférences gustatives. Enfin, la manche se termine sur une phase de vote toujours très amusante durant laquelle les gourmets classent les sandwichs qu’ils ont reçus en fonction de ses goûts.

Sandwich fait partie des petits jeux « de communication » très simples qui trouvent leur intérêt dans les relations qui se nouent entre les joueurs.

Cerise sur le sandwich, si le jeu est indiqué « à partir de 7 ans », il peut être joué et plaît beaucoup dès 4 ans. Accompagné par l’adulte, l’enfant comprend alors rapidement le principe du jeu et partage sur ce qui lui semble bon ou moins bon. À un âge où les conflits alimentaires ne sont pas rares, une petite partie de sandwich peut donner lieu à des échanges intéressants.

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Die Burgen von Burgund est un jeu de Stefan Feld publié par Ravensburger.

Ne vous fiez pas au titre, les règles du jeu sont en français. Par contre, vous pouvez vous fier au titre : c’est un vrai jeu « à l’allemande » avec des cubes en bois, plein de façons de marquer des points, de la gestion, de l’opportunisme, du calcul et beaucoup de plaisir pour ceux qui apprécient ce type de jeu.

Pirates est un jeu d’Alain Rivolet publié par Djeco.
On n’est pas loin du jeu abstrait avec des combinaisons de pions à réaliser pour gagner. Mais il est pensé et adapté pour les enfants (à partir de 7 ans) : il y a un thème fort, un très joli matériel et un soupçon de hasard à base de tirage de cartes objectifs.

 

 

Pyramides d’animaux, la grande aventure de Klaus Mittenberger, est l’un des deux jeux Haba de la sélection.

Il existait déjà une petite boîte intitulée « Pyramide d’animaux » qui proposait uniquement d’empiler des figurines en bois après avoir lancé un dé. Cette fois, la présence d’objectifs secrets apporte un intérêt et une profondeur de jeu qui font de cette grosse boîte jaune un incontournable des ludothèques pour enfants. Ce jeu est accessible à partir de 5 ans.

Rick le géant, de Marco Teubner, est le second jeu Haba.

Il propose un vrai plateau découpé en zones (forêt, champs, rivières, montagnes…) que les enfants doivent parcourir pour ramasser de précieuses pièces d’or. Pour cela, ils tirent des cartes correspondantes aux différentes zones. Mais attention, il y a des cartes « brigand » dans la pioche qui peuvent annuler leur tour.

Ce mélange de jeu de plateau, de gestion de déplacement et de stop ou encore est assez inhabituel pour un jeu enfant et très savoureux.

Les demeures de l’épouvante est un jeu de Corey Konieczka publié par Edge. C’est le très gros jeu de la sélection.

Il propose aux joueurs de se plonger dans l’univers de Lovecraft et de mener une enquête dans l’univers de Cthulhu.
Pour cela, l’un des joueurs va incarner « le mal », préparer le jeu, se coltiner les règles qui ne sont pas simples et guider les autres joueurs qui incarnent les investigateurs et qui pourront donc arriver les mains dans les poches.


Takenoko
est le nouveau jeu d’Antoine Bauza, coédité par Bombyx et Matagot.

Il s’agit de gérer une bambouseraie où se prélasse un brave panda. À leur tour de jeu, les joueurs peuvent agrandir le parc, faire pousser les bambou, nourrir le panda… et surtout valider des objectifs secrets qu’ils tiennent en main un peu à la manière des « aventuriers du rail ».
Un très beau jeu familial.

Enfin, Tournay est un jeu de Sébastien Dujardin, Xavier Georges et Alain Orban publié par Pearl Games. C’est le second jeu de l’éditeur après Troyes qui figurait dans la sélection de l’an passé.

Il s’agit d’un jeu de cartes dans lequel les joueurs construisent devant eux un quartier de la ville de Tournay en posant des cartes qui produisent un effet sur leur jeu ou sur celui de l’adversaire.
Il s’agit d’un jeu rapide, relativement facile à comprendre, mais qui présente une profondeur stratégique qui le destine plutôt aux joueurs « expérimentés ».

La remise des prix aura lieu jeudi soir. S’en suivront 3 jours de festival durant lesquels tous les éditeurs viendront présenter leurs jeux et 3 nuits réunissant amateurs, éditeurs et créateurs « en off » parfois autour des nouveaux prototypes de jeux dont on parlera durant l’année.

Si vous n’avez pas l’occasion de venir découvrir les jeux de la sélection à Cannes, vous pouvez les trouver sur le site de la fameuse boutique strasbourgeoise Philibert en cliquant sur les boîtes ci-dessous :