Olympos, Smallworld et Evo de Philippe Keyarts

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Professeur Patashima

Le professeur Patashima est expert en tout et notamment en explication de règles de jeux de société. Il ne donne que rarement son avis, c'est avant tout un scientifique qui se place au-delà des impressions personnelles toujours subjectives.



Comme il y a des écrivains ou des réalisateurs de cinéma, il y a des auteurs de jeux de société dont on peut reconnaître la patte, qui se bâtissent au fil des années une brillante « ludographie » et qui, parfois, par leurs idées, influencent durablement le monde du jeu.

Philippe Keyaerts fait partie de ces créateurs influents dont le succès ne se dément pas depuis quelques années. Il vient de signer 3 grosses boîtes de jeux que l’on peut retrouver dans les boutiques depuis cet été : Evo chez Asmodée, Smallword Underground chez Days of Wonder et Olympos chez Ystari.

 

Comme il s’agit du même auteur, les 3 jeux présentent quelques similitudes :
– On retrouve à chaque fois un thème fort et attrayant qui attire l’oeil et suffit à donner envie de s’intéresser au principe des jeux. Dans Evo, les joueurs gèrent un troupeau de dinosaures. Un dinosaure en soi, c’est déjà très ludique, alors un troupeau, forcément, ça crée des envies.
Dans Smallworld, les joueurs incarnent des peuples tirés de l’héroique fantasy (nains, elfes, ogres…) Dans Olympos, c’est la mythologie grecque et l’Altantide qui s’invitent à la table.

– Chaque jeu propose aux joueurs de s’affronter autour d’un plateau divisé en régions. L’occupation de ces régions permet d’obtenir des points de victoire et parfois des bonus supplémentaires.
Il est toujours possible d’attaquer ses adversaires et de les déloger d’une région, parfois à la faveur d’un lancer de dé (Evo) ou simplement en « payant » un peu plus cher que pour un déplacement normal (Smallworld et Olympos).

Les plateaux, découpés en régions, ont un petit air de famille

– Enfin, les peuples, les civilisations et les dinosaures peuvent à chaque fois être personnalisés et obtenir des caractéristiques spécifiques qui vont changer les stratégies de jeu. On achète des technologies dans Olympos, on joue aux enchères des gênes de mutation dans Evo et l’on choisit simplement une peuplade aux pouvoirs prédéfinis au début d’une partie de Smallworld.

À ces points communs s’ajoute un mécanisme original, qui donne une saveur particulière à chacun des jeux.

Dans Evo, les territoires subissent des changements climatiques à chaque tour. Les joueurs doivent donc perpétuellement se déplacer pour éviter les territoires devenus hostiles à la suite d’une glaciation ou d’un réchauffement.

Dans Smallworld underground, les joueurs peuvent changer de peuple en cours de partie si le leur a perdu des troupes au gré des conflits ou simplement parce qu’il ne permet plus de contrer une stratégie adverse. Le gameplay est donc changeant et les situations rarement désespérées.

Alors que dans d’autres jeux, les parties peuvent s’éterniser en attendant qu’un joueur obtienne la condition qui lui permettra de l’emporter, dans Olympos, le temps de jeu est défini à l’avance : une piste de temps encadre le plateau sur laquelle chaque joueur a placé un pion. Toutes les actions du jeu « coûtent » du temps. Au fur et à mesure que les joueurs achètent des technologies ou se déplacent sur le plateau, ils consomment leur temps disponible jusqu’à arriver au bout de la piste qui marque automatiquement la fin du jeu. Il faut donc être économe et éviter toute action superflue et espérer l’emporter.

Quand on sait qu’il faut parfois plusieurs années pour arrêter les règles d’un jeu, il est exceptionnel qu’un auteur en publie 3 dans le même mois et 3 bons. C’est un « hasard » qui s’explique par le fait qu’Evo est une réédition d’un jeu paru en 2001, Smallworld underground une déclinaison de Smallword paru 2009 qui était lui-même une re-thématisation de Vinci (1999). Seul Olympos est une vraie nouveauté.

Très simple d’accès, Evo est à mon avis jouable dès 10 ans (malgré le « 14 ans » indiqué sur la boîte). C’est un excellent jeu d’initiation à conseiller à ceux qui ont gardé leur âme d’enfant et rêvent encore devant les images de dinosaures.
Smallworld, surtout dans sa nouvelle version « underground », demande un poil plus de stratégie et sera certainement plus adapté aux joueurs à partir de 12 ans (malgré le « 8 ans et plus » indiqué sur la boîte). Il est à conseiller surtout aux joueurs qui apprécient fortement l’univers héroïque-fantasy.
Enfin, Olympos est plus complexe, plus calculatoire et destiné en conséquence à un public plus gamer (pour moi à partir de 14 ans malgré le « 10 ans et + » indiqué sur la boîte). C’est mon jeu favori du moment.

 

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