Premiers retours sur « nos » jeux d’Essen 2014

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Jub

Maître Jub est expert en jeu de société, spécialisé dans le "plus c'est long, plus c'est compliqué, plus c'est bon".

Après quelques soirées de tests intensifs, voici la première partie de nos retours sur la cuvée 2014 du salon d’Essen. Les jeux présentés en premier sont ceux qui se sont le plus souvent retrouvés sur nos tables de jeu ces dernières semaines, ce qui est un bon indicateur.

 

Castles of Mad King Ludwig

L’auteur de Suburbia revient avec un jeu de placement de tuiles.
Finies les tuiles hexagonales qui permettaient de construire la maison de retraite à côté de la centrale nucléaire. Ici on place des pièces de châteaux pour faire plaisir au sens esthétique tordu du roi fou de Bavière. Un peu comme dans Suburbia, on cherche à optimiser la pose de ses tuiles pour comboter avec les tuiles adjacentes, sauf que là il faut faire avec des tuiles de tailles très différentes et veiller à faire correspondre les portes des salles et des couloirs (et les sous-sols !).
L’interactivité a été également renforcée par rapport à Suburbia avec le premier joueur de chaque tour qui organise la position des tuiles sur le card row (et donc leur prix) et encaisse les paiements des autres joueurs. L’organisation des tuiles sur le card row nécessite d’estimer les besoins de chaque joueurs et le prix qu’ils seront prêts à débourser. Le jeu se joue en moins d’une heure, même à 4 joueurs et permet à chaque joueur de prendre son château en photo à la fin de la partie.

Seule ombre au tableau de ce grand jeu : un matériel un peu cheap (tuiles plutôt fines, absence totale de rangement dans la boîte).

Nos avis :

Imperial Settlers

Il s’agit de la nouvelle mouture de 51th State (qui m’avait moyennement convaincu) mais transposé dans un thème « Civilisation » avec des graphismes qui font moins peur aux enfants. Si le principe de base est le même (on peut jouer ses cartes de plusieurs manières pour en tirer divers avantages plus ou moins durables), le jeu est nettement plus accessible, et ce dès la lecture des règles. L’ergonomie a beaucoup gagné avec la disparition des icônes indigestes et la rédaction des effets des cartes avec du texte (écrit assez petit par contre). Les 4 civilisations présentes dans la boîte sont les Romains, les Barbares, les Egyptiens et les Japonais (cette dernière se jouant différemment des autres). Chacune possède son deck de cartes spécifiques qui lui dictera son style de jeu. Il faudra toutefois ne pas jouer seul dans son coin et de nombreux bâtiments permettent des interactions avec les autres joueurs (comprendre : leur pourrir la vie de la manière la plus désagréable qui soit).

Ce jeu semble destiné à la sortie d’extensions avec des peuples supplémentaires mais l’auteur souhaite dans un premier temps enrichir les peuples de base et introduire un système de personnalisation du deck de départ.

Testé à 2, 3 et 4 joueurs, c’est la configuration à 3 joueurs que je trouve la plus agréable à jouer, mais le jeu tourne très bien avec tous les effectifs. Les parties à 4 joueurs sont quand même à réserver à des joueurs connaissant bien le jeu, sous peine de les voir s’éterniser.

Nos avis :

Samurai Spirit

Un coopératif très fortement inspiré du thème des 7 Samouraïs qui tient dans une petite boîte et se joue facilement grâce à des règles simples et une mise en place rapide. On pense évidemment à Ghost Stories, avec un thème et une mécanique assez proches. Forcément, comme les jeux de ce type, c’est très difficile de gagner, mais on y revient quand même parce qu’il y a un vrai challenge.

Et forcément aussi, comme c’est un jeu Funforge, le matos en jette ! Jouable jusqu’à 7 avec tout qui tient dans une petite boîte.

Nos avis :

Deus


Deus est un jeu de combo, un jeu de combinaison de pouvoirs. Le but est d’associer des cartes, sur son plateau personnel, qui permettront d’engranger le plus de points possible.
Mais cet assemblage de cartes se double d’effets de placement géographique sur un plateau central qui ajoute une interactivité très forte (le terrain est plutôt restreint, et les ressources limitées). Ce jeu rassemble plusieurs atouts majeurs : une esthétique agréable, une ergonomie appuyée (les effets des cartes sont présents sous forme d’icône et sont doublés sous forme de texte), une fluidité à toute épreuve (à mon tour je fais une action parmi deux), une durée restreinte (1 heure), bref, du tout bon pour un futur hit évident.

Mais la mécanique si épurée et efficace de Deus a tendance a attirer tous les regards et le thème passe au second plan.
Le jeu demeure donc un peu froid : on ne se sent pas réellement en train de construire une civilisation.

Nos avis :